En attendant un développement

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
L'avion français est arrivé en Colombie jeudi. L'avion français est arrivé en Colombie jeudi.   © PC/AP/Christian Escobar Mora

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a confirmé vendredi que le président Nicolas Sarkozy est prêt à se rendre à la frontière entre la Colombie et le Venezuela avec son homologue vénézuélien, Hugo Chavez, pour aller chercher Ingrid Betancourt.

L'avion français transportant une mission humanitaire disposée à intervenir auprès d'ingrid Betancourt en cas de libération par les FARC demeure cloué au sol à l'aéroport militaire de Catam, près de Bogota.

« En effet, s'il y avait un espoir, M. Chavez et M. Sarkozy iraient chercher Mme Betancourt à la frontière », a-t-il déclaré vendredi à Associated Press, en marge du sommet de l'OTAN, à Bucarest, en Roumanie.

Pour l'heure, la situation semble au point mort. L'avion français transportant une mission humanitaire disposée à intervenir auprès de l'otage franco-colombienne en cas de libération par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) demeure cloué au sol à l'aéroport militaire de Catam, près de Bogota.

« Si on n'essaie pas, il n'y aura pas d'espoir », a ajouté M. Kouchner depuis Bucarest. « Nous essayons, nous sommes en train, nous sommes complètement engagés dans cette mission de sauvetage d'une femme en péril et des autres otages. »

Le ministre français des Affaires étrangères a ajouté que la France serait disposée à accueillir des guérilleros qui seraient libérés par le gouvernement colombien en échange de Mme Betancourt et d'autres otages. Il a évoqué la possibilité qu'ils puissent se rendre en Guyane ou en Martinique. « Mais nous n'en sommes pas là, hélas », a-t-il ajouté.

Hugo Chavez a quant à lui proposé jeudi soir sa médiation pour la libération d'otages colombiens et avait déclaré être prêt à aller chercher Mme Betancourt avec M. Sarkozy. Selon la télévision Caracol, il s'agit d'une réponse à une demande formulée par M. Sarkozy, lors d'une conversation.

Ingrid Betancourt, ancienne candidate du Parti vert à la présidentielle colombienne, est détenue par la guérilla d'inspiration marxiste depuis maintenant plus de 6 ans. Selon sa famille, elle souffrirait d'hépatite B et de lechmaniose. Les FARC exigent la libération de prisonniers détenus par le gouvernement colombien en échange de leurs otages, ce qu'a toujours refusé Bogota jusqu'ici.

Un refus qui n'en serait pas un

Une lueur d'espoir apparait toutefois vendredi, après que le Comité de soutien d'Ingrid Betancourt eut signalé que le message de Rodrigo Ganda diffusé jeudi par l'Agence bolivarienne de presse (APB), qui diffuse régulièrement des communiqués des FARC, a été publié une première fois avant l'appel du président Sarkozy au chef de la guérilla, Manuel Marulanda, diffusé mardi.

Image tirée d'une vidéo de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt Image tirée d'une vidéo d'Ingrid Betancourt (archives)   © AFP/Présidence colombienne

« Le texte est en réalité une pure copie du message qu'avait rédigé Rodrigo Granda le 19 mars dernier, à la suite de la mort de Raul Reyes », le numéro 2 des FARC tué en sol équatorien par l'armée colombienne le mois dernier.

Dans ce message diffusé jeudi sur APB, M. Granda, considéré comme le ministre des Affaires étrangères des FARC, exclut toute libération unilatérale d'otages. Il réitère qu'aucun d'entre eux ne sera libéré autrement que dans le cadre d'un échange de prisonniers.

Mardi, le président de la France a lancé un appel au chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Manuel Marulanda, pour qu'il libère immédiatement l'otage franco-colombienne retenue depuis plus de six ans.

La mission française à Bogota

L'avion français transportant une mission humanitaire disposée à intervenir en cas de libération de Mme Betancourt est arrivé en Colombie jeudi. Le médecin et les autres membres de la mission, mise sur pied au lendemain de l'appel du président Nicolas Sarkozy à Manuel Marulanda, ont pour objectif d'apporter des soins aux otages souffrants.

Selon la famille d'Ingrid Betancourt, elle souffre d'une hépatite B et son état de santé est alarmant. Son fils, Lorenzo Delloye, a ajouté qu'elle faisait la grève de la faim depuis cinq semaines. Le président colombien, Alvaro Uribe, interrogé mercredi par France 3, a toutefois déclaré qu'il n'avait aucune confirmation d'une détérioration de l'état de santé d'Ingrid Betancourt. Il a répété qu'il était prêt à collaborer concrètement avec les Français pour libérer l'otage.

Une situation difficile

Manuel Marulanda, chef de la guérilla colombienne des FARC, en 2001 Manuel Marulanda, en 2001   © AFP/Rodrigo Arangua

Les négociations pour obtenir la libération des 39 otages politiques des FARC en échange de 500 guérilleros détenus par Bogota ont été sérieusement minées par la mort du numéro deux de la guérilla, Raul Reyes, tué le mois dernier dans un raid de l'armée colombienne.

L'Espagne et la Suisse sont aussi associées à la mission humanitaire de la France. Les trois pays auraient décidé de ne pas donner davantage d'information sur la mission.

De son côté, la Fédération internationale des droits de l'homme et la Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt ont demandé mardi à Alvaro Uribe de cesser les opérations militaires qui pourraient mettre en péril les otages, ce qu'il a accepté mercredi.

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