Au lendemain de l'appel de la présidente du pays à lever leurs barrages routiers, les agriculteurs argentins ont suspendu pour 30 jours, mercredi, la grève qu'ils observaient depuis trois semaines.
Les producteurs agricoles lèvent pour au moins trois semaines les barrages routiers qu'ils érigés en guise de protestation contre la hausse de la taxe à l'exportation de leurs produits, ce qui avait provoqué des pénuries alimentaires.
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Cette grève a paralysé les exportations de céréales et provoqué des pénuries alimentaires dans le pays.
Des milliers de producteurs agricoles réunis à Gualeguaychu, dans le nord-est du pays, avec les responsables des quatre plus importants syndicats agricoles, ont pris cette décision afin de poursuivre les négociations avec le gouvernement.
Les agriculteurs sont prêts à négocier, mais exhortent quand même le gouvernement à « prendre note de la mobilisation de 21 jours sans précédent dans l'histoire du pays ».
Manifestation d'appui à la présidente
Mardi, à Buenos Aires, un grand rassemblement populaire avait été organisé, en réaction à la grève des agriculteurs.
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La tension était palpable dans le pays entre les campagnes et les villes, les paysans et la principale centrale syndicale du pays, la CGT, à la suite des barrages routiers qui empêchaient les aliments de se rendre dans les supermarchés.
Les vieilles divisions de la société argentine semblent ravivées entre péronistes, mouvement dont est issue la présidente, et antipéronistes.
Devant plus de 20 000 partisans réunis à l'extérieur du palais présidentiel, Cristina Fernandez Kirchner a sommé les paysans de lever tous les barrages routiers.
« Laissez passer les aliments pour le peuple », avait lancé la présidente.
Cristina Fernandez Kirchner
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« Est-ce une bonne chose d'empêcher l'approvisionnement de nourriture dans les supermarchés du pays? », avait-elle ajouté devant les syndicalistes, travailleurs et militants des droits de la personne et des droits sociaux rassemblés sur la place de Mai, à Buenos Aires.
Faisant monter la pression d'un cran, elle avait alors comparé ce mouvement de protestation contre la hausse des taxes à l'exportation à la grève des fermiers qui avait précédé le coup d'État de 1976. Ce coup avait préparé le terrain à sept ans de dictature militaire.
La présidente du pays a dit que c'était la pénurie de nourriture en février 1976 qui avait provoqué ce putsch.
La grève aura durée 21 jours
Les paysans argentins en étaient, mercredi, à leur 21e journée de grève. Ils avaient mis en place plus de 300 barrages routiers, paralysant ainsi le transport de denrées alimentaires vers les grandes villes, provoquant une pénurie de nourriture, tout en empêchant l'exportation de boeuf, de blé et de soja.
Le 11 mars, la présidente avait décrété une hausse de 25 % de la taxe à l'exportation de soja et imposé de nouvelles taxes sur plusieurs produits agricoles, ce qui a allumé la mèche.
Selon le gouvernement, ces taxes devaient modérer l'inflation dans le pays et faire en sorte qu'on continue à produire en Argentine du maïs, du blé pour nourrir le bétail et les humains.
Les prix élevés du soja ont fait en sorte que la moitié des terres cultivables du pays sont consacrées à la culture du soja.
Les agriculteurs argentins avaient décidé de continuer leur mouvement de protestation en dépit de mesures de compensation au profit des plus petits producteurs. Lundi, le gouvernement annonçait des mesures pour aider environ 62 000 petites entreprises agricoles, notamment des subventions au transport et des crédits d'impôt pour les producteurs de lait et de soja.