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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le mercredi 26 mars 2008 à 22 h 33
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Crise au Tibet

Offensive médiatique de la Chine

Soldats chinois dans les rues de Lhassa

Photo: AFP/AFP

Soldats chinois dans les rues de Lhassa

Les autorités chinoises ont affirmé avoir repris la situation en main au Tibet. Selon l'agence de presse officielle Chine Nouvelle, plus de 600 personnes se sont rendues à la police.

Certaines d'entre elles sont accusées d'avoir troublé l'ordre public, incendié des bâtiments officiels dans la région de Lhassa et d'avoir pris à partie des ethnies chinoises dans la province voisine du Sichuan.

Pékin soutient que 22 civils ont été tués depuis les soulèvements de Lhassa, alors que le gouvernement tibétain en exil fait état d'environ 140 victimes.

La Chine a aussi entrepris de reprendre le contrôle de la couverture médiatique de la crise tibétaine sur la scène internationale via ses organes de presse et diplomatiques.

L'ambassade de Chine au Canada réagit

Cette campagne médiatique a eu des échos jusqu'à Ottawa, où l'ambassadeur chinois Lu Shumin a donné une conférence de presse mercredi pour livrer la version chinoise des événements au Tibet.

L'ambassadeur de Chine Lu Shimin

L'ambassadeur de Chine, Lu Shimin

D'entrée de jeu, l'ambassadeur chinois a dit constater un net penchant protibétain chez les médias occidentaux. L'ambassadeur soutient que ces manifestations violentes sont orchestrées dans un but politique, pour nuire à son pays, à quelques mois des Jeux olympiques de Pékin.

Selon Lu Shimin, les manifestations tibétaines n'ont rien de pacifique. L'ambassadeur a par ailleurs présenté une vidéo aux journalistes montrant les dommages matériels et les violences perpétrées par les manifestants tibétains.

Pour l'ambassadeur chinois, c'est le dalaï-lama qui, derrière ses allures angéliques, orchestre ces manifestations violentes pour discréditer la Chine.

L'ambassadeur Lu ne s'est d'autre part pas trop formalisé des menaces de boycottage, par certains pays occidentaux, de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Pour l'ambassadeur chinois, la politisation des Jeux serait contraire à l'esprit olympique et devrait être évitée.

Une dizaine de journalistes « encadrés »

La Chine, qui interdit aux journalistes l'accès au Tibet et aux provinces voisines touchées par des manifestations, a également critiqué la couverture de la crise par les médias occidentaux, les accusant de déformer la réalité.

Le gouvernement chinois a par ailleurs invité une dizaine de journalistes étrangers, sélectionnés par ses soins, pour un voyage de presse de trois jours dans les lieux touchés par les émeutes, où ils pourront interviewer des blessés et des victimes des manifestations.

Aucune précision n'a été fournie sur les conditions dans lesquelles ce voyage de presse est effectué, ni sur le degré de liberté d'action et d'investigation dont disposent les journalistes.

Entre temps, un site Internet « anti CNN » a été créé par des étudiants chinois établis à l'étranger afin de dénoncer « les mensonges » des médias occidentaux.

Des réactions dans le monde

À Washington, le président George W. Bush a fait part de ses inquiétudes au sujet du Tibet lors d'une conversation téléphonique avec son homologue chinois Hu Jintao. Il n'est cependant pas question de boycottage des jeux au gouvernement américain.

L'Union européenne (UE) se trouve quant à elle dans une situation délicate où elle doit composer avec les exigences de son opinion publique, des athlètes et des milieux sportifs, tout en ménageant la sensibilité du géant chinois. La Chine demeure un partenaire commercial de premier ordre pour l'UE.

La plupart des responsables européens se montrent donc très prudents sur la question du boycottage.

En Belgique, le vice-premier ministre Didier Reynders n'a pas exclu de boycotter la cérémonie d'ouverture des JO le 8 août, à Pékin, tout en affirmant, dans une interview au quotidien belge Le Soir, que ce n'est pas une option qu'il retient pour l'instant.

Même son de cloche en France où Nicolas Sarkozy a indiqué ne pas écarter l'éventualité d'un boycottage de la cérémonie d'ouverture le 8 août, à Pékin.

Seul le président du Parlement européen, l'Allemand Hans Gert Pöttering, a estimé « justifié » de prendre des « mesures de boycottage ».

En Australie, le ministre des Affaires étrangères Stephen Smith a jugé qu'un boycottage des JO de Pékin ne serait pas raisonnable. « Les boycottages passés des Jeux olympiques n'ont pas été un succès à mon sens », a-t-il déclaré à la radio nationale ABC.

De la couverture médiatique chinoise

Les médias chinois ont réservé un traitement particulier aux événements de Lhassa. Dans ses couvertures, Radio Chine Internationale, dont son département français, a présenté les manifestants tibétains comme des hors-la-loi.

Cette chaîne de télévision, contrôlée par le pouvoir chinois, s'est contentée de diffuser des images de casse et de subversion.

Visionner des reportages de Radio Chine Internationale

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters


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