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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le jeudi 20 mars 2008 à 22 h 39
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France

Chantal Sébire est morte

Chantal Sébire

Photo: AFP/Jeff Pachoud

Chantal Sébire

Chantal Sébire, une Française qui souffrait d'une tumeur incurable, a été retrouvée morte chez elle, mercredi, deux jours après le refus, par la justice française, de lui accorder le droit de recourir à l'euthanasie.

Les causes exactes de la mort de cette ancienne institutrice de 52 ans ne seront connues que jeudi. Les enquêteurs détermineront s'il s'agit d'un suicide ou d'un décès causé par les complications de sa maladie.

Le procureur de la République de Dijon, d'où est originaire Mme Sébire, a indiqué qu'il n'y avait pas « d'éléments patents de signes d'hémorragies », dont souffrait régulièrement Mme Sébire, en raison de sa maladie.

Mourir dans « le respect de sa dignité »

Défigurée par une tumeur incurable la faisant souffrir « atrocement », Mme Sébire avait demandé que son médecin soit autorisé à lui prescrire un traitement qui lui permettrait de terminer sa vie « dans le respect de sa dignité ».

La justice française a opposé lundi une fin de non-recevoir à sa demande d'euthanasie.

Dans sa demande, Chantal Sébire évoquait des « souffrances intenses et permanentes », mais aussi le « caractère incurable des maux dont elle est atteinte » et son « refus de devoir supporter l'irréversible dégradation de son état ».

Une maladie rare et incurable

Chantal Sébire souffrait d'une esthesioneuroblastome, une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale. Cette maladie très rare est incurable et provoque une déformation irréversible du visage accompagnée de vives douleurs.

Débat sur l'euthanasie

La justice française a justifié son refus par le fait que le droit en France n'autorise pas l'euthanasie active. Le juge a cité le Code de déontologie médicale et le Code pénal, qui interdisent ce genre de pratique.

Cette affaire a suscité un débat sur l'euthanasie en France, où une loi de 2005 permet, dans certains cas, une sorte de droit au « laisser mourir » par l'arrêt de tout traitement, mais n'autorise pas les médecins à mettre fin délibérément à la vie de leur patient.

Mme Sébire, qui ne voulait pas faire appel de la décision de la justice, avait déjà indiqué, toutefois, qu'elle était prête à se procurer « ce dont elle a besoin » pour mourir en Suisse, en Belgique ou aux Pays-Bas, où l'euthanasie est dépénalisée.

Sa mort intervient le même jour que celle de l'écrivain belge Hugo Claus qui, atteint de la maladie d'Alzheimer, a choisi de mourir en Belgique par euthanasie, à l'âge de 78 ans.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse


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