Un manifestant portant le drapeau tibétain dans une rue de Delhi, en Inde.
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AFP/Christophe ARCHAMBAULT
La « voie du milieu », une position modérée et pacifique prônée par le chef spirituel des Tibétains, le dalaï-lama, ne semble plus convenir à des milliers de jeunes Tibétains qui réclament l'indépendance du Tibet.
Un groupe qui dit représenter des milliers de jeunes Tibétains en exil critique vertement la position modérée du dalaï-lama face à la répression chinoise et appelle à la poursuite des manifestations.
En effet, le président du Congrès de la jeunesse tibétaine, une organisation qui regroupe des dizaines de milliers de Tibétains dans le monde, a expliqué lors d'une conférence de presse qu'il n'adhérait plus, à l'instar de beaucoup de jeunes Tibétains, à la position modérée du dalaï-lama.
« J'espère que la voie moyenne sera réexaminée; beaucoup de Tibétains exigent l'indépendance et il y a beaucoup de frustrations [...] notamment parmi la jeune génération », a expliqué le président du groupe, Tsewang Rigzin, avant d'appeler « les Tibétains à poursuivre leurs manifestations jusqu'à ce que la Chine quitte le Tibet ».
Les manifestations se répandent
Ces manifestations ont d'ailleurs commencé à s'étendre à plusieurs autres régions chinoises où vivent d'importantes communautés tibétaines.
Ainsi, dans la province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine, les forces policières auraient ouvert le feu, dimanche, contre une manifestation regroupant plus d'un millier de personnes. Selon des groupes protibétains qui disent se fier aux témoignages de gens sur place, au moins huit personnes auraient été tuées par les policiers chinois.
D'autres mouvements de protestation ont aussi été signalés dans la province du Gansu et au Tibet.
D'ailleurs, Pékin a menacé d'ouvrir le feu contre tout manifestant qui ne se serait pas rendu aux autorités avant minuit, lundi.
Selon le gouvernement chinois, les violences des derniers jours n'ont fait que 13 victimes, des morts que Pékin impute à des « émeutiers tibétains ». Mardi, en début de journée, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a accusé « la clique du dalaï-lama » d'être à l'origine des manifestations.
Le gouvernement tibétain en exil parle, quant à lui, de près de 100 morts, voire bien davantage selon des parlementaires tibétains regroupés à Dharamsala, dans le nord de l'Inde.
Les Olympiques dans la controverse
Depuis quelques jours, de plus en plus de voix s'élèvent pour appeler la communauté internationale à boycotter les prochains jeux Olympiques d'été qui se dérouleront, en août prochain, dans la capitale chinoise.
Le Comité international olympique a d'ailleurs rapidement laissé entendre, avant même que le mouvement de boycottage ne parvienne aux associations sportives et aux gouvernements, qu'il s'opposait à un tel appel.
Selon le président du CIO, Jacques Rogge, qui reconnaît que la répression chinoise au Tibet est une « mauvaise publicité » pour les jeux, un boycottage ne ferait que pénaliser les athlètes.
Le dalaï-lama, partisan convaincu de la modération, a lui-même souhaité, malgré les événements récents, que la Chine puisse malgré tout accueillir des Jeux olympiques qu'elle « mérite ». Cette déclaration a suscité la réprobation du Congrès de la jeunesse tibétaine pour qui « il est évident que la Chine ne mérite pas les Olympiques ».