Manifestations à Lhassa.
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AFP/Mark Ralston
Le gouvernement tibétain en exil affirme disposer d'informations faisant état de plus de 100 morts dans les affrontements qui ont opposé ces derniers jours les forces de l'ordre chinoises aux moines tibétains. Une trentaine de personnes auraient péri depuis vendredi.
Le gouvernement tibétain en exil contredit le dernier bilan officiel chinois, qui fait état de 10 morts, et parle de plus de 100 manifestants tués. Il réclame aussi une enquête de l'ONU sur les violations des droits de la personne.
En revanche, un bilan officiel chinois, communiqué samedi, parle de 10 morts. La plupart des victimes sont des marchands, selon l'agence Chine Nouvelle.
L'entourage du dalaï-lama a appelé samedi à une enquête de l'ONU sur les violences meurtrières au Tibet, les plus sanglantes depuis 1989, qu'il a qualifiées de violations des droits de la personne.
Le gouvernement en exil a par ailleurs balayé du revers de la main les accusations chinoises selon lesquelles le chef spirituel tibétain en exil aurait fomenté les manifestations violentes.
L'opposition se dit particulièrement préoccupée par des informations provenant des trois régions du Tibet et « faisant état de personnes tuées au hasard, de blessés et d'arrestations de milliers de Tibétains qui manifestaient pacifiquement contre la politique chinoise ».
Calme à Lhassa, manifestations à Gansu
Le calme est revenu samedi matin dans la capitale tibétaine, qui demeure toutefois quadrillée par les forces de l'ordre.
Selon des groupes de défense des Tibétains, de nouvelles manifestations menées par des moines bouddhistes ont éclaté samedi dans la province chinoise du Gansu, au nord-ouest de la Chine.
Les autorités policières et judiciaires du Tibet ont appelé samedi à l'arrêt des troubles, tout en promettant la clémence aux émeutiers de Lhassa s'ils se rendaient avant lundi minuit.
Les affrontements de Lhassa ont commencé quand une quarantaine d'exilés tibétains ont entrepris une nouvelle marche vers le Tibet depuis la ville de Dehra, dans le nord de l'Inde.
Ces manifestations marquent le 49e anniversaire de la fuite du dalaï-lama face aux forces chinoises, en 1959.
Le Tibet fermé aux touristes
Selon l'AFP, qui cite des agences de voyage chinoises, la région du Tibet est fermée aux touristes étrangers après les émeutes de Lhassa.
« Les permis pour les étrangers sont suspendus depuis vendredi, je ne peux plus arranger de voyages », a indiqué la responsable d'un hôtel de Chengdu, point de passage quasi obligatoire pour les touristes qui se rendent au Tibet en avion.
Ces événements surviennent à cinq mois des Jeux olympiques de Pékin, dont la Chine veut faire une vitrine pour améliorer son image dans le monde.