Le président de l'Équateur, Rafael Correa
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Pablo COZZAGLIO
L'Équateur a rappelé, samedi soir, son ambassadeur en Colombie.
L'Équateur rappelle son ambassadeur de Colombie, après l'incursion des forces colombiennes sur son territoire, qui a mené à la mort du numéro deux des FARC. Le président du Venezuela sert pour sa part une mise en garde à Bogota.
Cette décision survient à la suite d'une incursion de l'armée colombienne en territoire équatorien, au cours de laquelle le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Raul Reyes, a été tué.
En conférence de presse, plus tôt dans la journée, le président Rafael Correa a déclaré que l'Équateur « ne permettra plus d'outrages du gouvernement colombien et nous sommes prêts à aller jusqu'aux ultimes conséquences ».
Plus tôt, le président du Venezuela, Hugo Chavez, avait indiqué qu'une attaque de l'armée colombienne en territoire vénézuélien constituerait un « motif de guerre ». « Ne croyez pas que vous pouvez faire cela ici, parce qu'une incursion militaire en territoire vénézuélien constituerait une affaire très sérieuse », a-t-il déclaré.
Dur coup pour les FARC
Raul Reyes, le numéro deux des Farc
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AFP PHOTO/Jean Luc PORTE
Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a confirmé samedi que l'armée colombienne avait tué Raul Reyes.
M. Santos a indiqué que l'opération lancée près de la localité de Teteye, en Équateur, contre le camp de guérilleros où se trouvait Raul Reyes, Luis Edgar Devia Silva de son vrai nom, a commencé par un bombardement aérien. Il a été suivi d'une opération terrestre, tuant au moins 16 autres guérilleros.
Raul Reyes, apparemment âgé de 59 ans, occupait un poste clé au sein des FARC. Il servait de porte-parole à la guérilla et jouait entre autres un rôle dans la gestion de la crise des otages. Il était considéré comme le possible successeur du vieillissant Manuel Marulanda, chef du groupe.
Le département d'État américain avait offert 5 millions de dollars pour des informations qui permettraient d'arrêter Raul Reyes ainsi que six autres membres du secrétariat de direction des FARC.
Réactions en France
Lorenzo Delloye, fils d'Ingrid Betancourt, otage de la guérilla en Colombie, a déclaré samedi que sa famille était très inquiète des représailles qui pourraient survenir après l'annonce de la mort de Raul Reyes.
« On espère que les FARC ne vont pas faire d'attaques, de gestes sur les otages. Il faut qu'ils sachent que ce n'est pas du tout dans leur intérêt. J'espère juste que les FARC sauront voir au-delà et envisageront de libérer les otages qui sont malades, parce qu'on n'a plus de temps », a-t-il déclaré à la radio française RTL.
Le président français, Nicolas Sarkozy, a appelé les FARC samedi, dans un communiqué de presse, à « faire prévaloir les considérations humanitaires » et a renouvelé son « appel aux FARC pour qu'elles libèrent sans délai notre compatriote Ingrid Betancourt ».
Selon l'ancien otage Luis Eladio Perez, qui a été libéré mercredi, Mme Betancourt serait très malade et maltraitée. Il a dernièrement déclaré à la télévision vénézuélienne avoir vu la Franco-Colombienne il y a 23 jours.
Ingrid Betancourt a été capturée le 23 février 2002 et est aujourd'hui âgée de 46 ans.