Des Afghans se rassemblent autour des corps de certaines des victimes de l'attentat.
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AFP/Hamid Zalmy
L'horreur est plus que jamais de retour dans ce pays en perpétuel déchirement.
Deux attentats meurtriers en deux jours. Presque 140 morts en l'espace de 48 heures.
Tous des civils...
La preuve qu'il reste encore beaucoup à faire pour tenter d'instaurer une stabilité viable à long terme.
Double but des attentats
Ce qui concerne, bien évidemment, les 2400 soldats canadiens présents dans le sud de l'Afghanistan.
Cette recrudescence va définir leur mandat pour les prochains mois.
L'hiver et son climat rébarbatif s'éloignant, les insurgés et combattants ennemis de la coalition ont maintenant plus de marge de manoeuvre pour frapper là où ils veulent que cela fasse mal. Le but: miner le moral des troupes canadiennes et autres, mais surtout inspirer de la crainte à la population civile qui ne sait plus trop à quel saint se vouer dans cette drôle de guerre.
Cette horreur à différents niveaux est presque quotidienne ici. Elle fait partie de la vie des Afghans, et on dirait que le filtre des émotions n'existe plus pour ceux qui la voient.
La mort sur le vif
J'en veux pour preuve ces photos prises par un photographe afghan qui fournit en images un quotidien national de Toronto. Dimanche, jour du pire attentat qui a coûté la vie à une centaine de personnes, il a fait parvenir à l'un de mes collègues des clichés du kamikaze qui s'est fait exploser dans la foule. Ou plutôt ce qu'il en reste. Jamais une telle photo ne sera publiée. Je ne vous décrirai pas ce qu'elle montre, mais sachez qu'elle représente ce que l'humain a de pire en lui...
Une folie insensée, probablement symptôme d'un désespoir démesuré. Tout cela, pris sur le vif par un photographe qui a fait son travail, sans émotion, comme si cela faisait partie du quotidien, de la vie des Afghans qui en ont vu d'autres.
Un sacré décalage avec la vie et l'époque canadiennes. Un clash pour les soldats présents dans ce pays et qui demande beaucoup de compréhension et d'adaptation. La mission canadienne a du pain sur la planche.
Merci!
De notre côté, c'est ici que se termine, pour Michel et moi, le périple afghan entamé il y a cinq semaines. Merci aux militaires, de tous les grades et de tous les horizons, pour leur temps, leur générosité et nos conversations. Bon courage! Soyez prudents, la route sera longue.
Et merci à vous de nous avoir lus semaine après semaine. Continuez d'aimer la vie et profitez-en. On n'en a qu'une...