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Castro cède le pouvoir
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![]() Photo: La Presse Canadienne /AP Photo/Jorge Rey Fidel Castro, lors d'une apparition publique en 2005 |
Les États-Unis, qui ont oeuvré sans relâche pendant des décennies à mettre des bâtons dans les roues du dictateur cubain Fidel Castro, se sont réjouis, mardi, du départ annoncé du lider maximo.
Le président américain, George W. Bush, a déclaré que ce départ est, selon lui, « une période de transition et cela devrait être un début de transition démocratique pour le peuple cubain ».
L'embargo en question
D'autre part, une centaine de membres du Congrès américain ont appelé à une révision complète de la politique des États-Unis vis-à-vis de Cuba, après l'annonce par Fidel Castro qu'il quittait le pouvoir.
Dans une lettre adressée à la secrétaire d'État, Condoleeza Rice, ces élus, républicains et démocrates, ont indiqué que l'embargo américain contre La Havane, en vigueur depuis 1962, n'a pas eu les effets escomptés.
Le Secrétaire américain au Commerce, Carlos Gutierrez, a rejeté ces critiques, qualifiant au contraire l'embargo contre Cuba de « succès ».
Le Canada espère des changements
Pour sa part, le Canada se dit confiant que le départ officiel de Fidel Castro de la présidence ouvrira la voie à des changements politiques dans l'île communiste.
Dans un communiqué rendu public mardi, le ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, a dit espérer que cette décision déclenche une série de réformes économiques et politiques à Cuba. Le Canada continue de suivre l'évolution de la situation dans ce pays.
L'hommage des amis
Pour le président vénézuélien Hugo Chavez, grand admirateur et proche ami de Fidel Castro, la décision du leader cubain démontre que « la révolution cubaine ne dépend pas d'une personne ».
Fidel Castro « restera à l'avant-garde » des révolutions de l'Amérique latine, et « tous les révolutionnaires de ce continent sont les enfants de Fidel », a déclaré M. Chavez.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, dernier chef d'État à avoir rencontré Castro, l'a pour sa part qualifié de « seul mythe vivant de l'histoire de l'humanité ». « Je prends acte de cette initiative et je crois que cela doit être bon pour Cuba. [...] Il était important pour l'Amérique latine que ce processus se déroule de manière tranquille. »
Au Nicaragua, présidé par l'ancien dirigeant sandiniste Daniel Ortega, le ministre des Affaires étrangères, Samuel Santos, a qualifié Fidel Castro de « géant » et d'« une des plus grandes personnalités de l'histoire de l'humanité ».
Pékin, deuxième partenaire économique de Cuba, a salué en Fidel Castro un « dirigeant révolutionnaire » et « vieil ami de la Chine ».
Du côté russe, ce sont les communistes qui ont réagi le plus rapidement, le chef du Parti communiste russe Guennadi Ziouganov estimant, mardi, que le leader cubain, un « responsable politique génial qui a hissé haut le drapeau de la liberté », a quitté le pouvoir « dans l'intérêt de son pays et de son peuple ».
Espoirs européens
Pour l'Espagne, qui avait décidé, malgré les critiques américaines, d'engager l'an dernier un dialogue officiel avec La Havane, le départ de Fidel Castro permettra certainement à son frère, Raul Castro, d'assumer « avec une plus grande capacité, solidité et confiance, son projet de réformes ».
La France, elle aussi, a souhaité qu'une « nouvelle voie » puisse s'ouvrir à Cuba après l'annonce du départ du fondateur d'un régime « qui a été un symbole du totalitarisme ».
À Londres, le porte-parole du premier ministre Gordon Brown a jugé que le retrait de Fidel Castro offrait la chance d'une « transition pacifique vers une démocratie pluraliste ».
L'Union européenne a réitéré son offre d'« un dialogue politique constructif » avec Cuba, visant à oeuvrer en faveur d'une « démocratie pluraliste » dans le pays.
De son côté, le Mexique observera l'évolution politique de Cuba et respectera l'autodétermination et la volonté du peuple cubain, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
L'opposition cubaine de Miami, quant à elle, a estimé, comme l'a expliqué un responsable du Conseil cubain de la liberté, que le départ de Castro « ne changerait rien à Cuba ».
Raul Castro lorgne vers la Chine
![]() Photo: La Presse Canadienne /AP Photo/Dado Galdieri Raul Castro sans Fidel à ses côtés à l'Assemblée nationale de Cuba en décembre 2007. |
Les réformes promises par Raul Castro visent essentiellement, s'il faut en croire nombre d'analystes et d'observateurs de la scène politique cubaine, à résoudre les difficultés économiques d'un pays laissé en quasi-banqueroute par des décennies de dictature et d'embargo.
Selon un diplomate européen en poste à Cuba et cité l'an dernier par le quotidien français Libération, « Raul est moins intello, moins politique que son frère. Il est plus proche des réalités et semble vouloir améliorer un tant soit peu l'efficacité du système économique ».
Et pour se faire, il semblerait que Raul Castro s'intéresse de près à l'élaboration de réformes inspirées du modèle chinois, un modèle qui a fait le pari de conjuguer l'ouverture économique - d'où le dialogue espagnol - avec le maintien de la dictature et du totalitarisme.
Une des principales figures de la dissidence cubaine, le fondateur du Parti social-démocrate, Vladimiro Roca, expliquait d'ailleurs à Libération, toujours l'an dernier, que le peuple cubain souhaite avant tout survivre et que « peu lui importe qui est au pouvoir, il veut une amélioration des conditions de vie et la possibilité d'avoir un travail privé ».
Cependant, comme le souligne le diplomate cité précédemment, « la ligne officielle ne va pas changer du jour au lendemain, surtout tant que Fidel vivra et même après sa mort. S'il y a des changements, ils ne seront sûrement pas précipités ».
Même son de cloche, en fait, chez l'ancien président polonais et figure historique de la lutte à la dictature communiste, Lech Walesa, qui déclarait au quotidien Le Monde que « si Castro continue à transmettre le pouvoir à ce rythme, il le passera dans 200 ans ».
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Le Monde, Reuters et Libération
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