Le président Sarkozy a visité une école primaire vendredi.
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AFP/Régis Duvignau
En France, le président Nicolas Sarkozy a présenté vendredi les grandes lignes d'une réforme de l'enseignement primaire, qui touchera 7 millions d'écoliers et 400 000 professeurs dès septembre prochain.
Le président Nicolas Sarkozy annonce une réforme qui préconise un recentrage sur l'apprentissage du français et des mathématiques et un renforcement de l'instruction civique et morale.
Au programme: recentrage sur l'apprentissage du français et des mathématiques, renforcement de l'instruction civique et morale, introduction d'un système d'évaluation et soutien accru aux élèves en difficulté.
L'objectif du chef de l'État est de réduire le taux d'échecs scolaires. Actuellement, souligne Nicolas Sarkozy, 15 % des élèves, soit 100 000 enfants, terminent leur primaire avec de grandes difficultés. Une autre tranche de 25 % a des acquis fragiles.
« D'ici la fin de mon quinquennat, nous allons diviser par trois le nombre d'enfants qui sortent du primaire sans maîtriser les connaissances fondamentales », a-t-il annoncé vendredi matin.
Dans un souci de revenir aux « fondamentaux de l'école », le président a aussi plaidé en faveur de programmes de « quelques pages », « sans jargon ». Ces programmes, a-t-il dit, sont « un sujet de débat politique » et non « technocratique ».
Au sujet de l'instruction civique et morale, le président Sarkozy annonce « l'apprentissage des règles de politesse et de bonne tenue, la connaissance et le respect des valeurs et des emblèmes de la République française: le drapeau tricolore [...], Marianne, l'hymne national, à l'écoute duquel nos enfants devront se lever ».
La semaine scolaire sera ramenée de 26 à 24 heures d'enseignement, les deux heures restantes étant dorénavant consacrées à des cours de soutien, offerts à des élèves en difficulté.
Chaque famille recevra une évaluation de son enfant au terme de la 3e et de la 6e année du cycle primaire. Les enseignants seront pour leur part évalués aux deux ans, contrairement aux quatre ans actuellement. Cette évaluation portera sur « les progrès que font les enfants ».
Controverse autour du devoir de mémoire
Le président Sarkozy a par ailleurs défendu une initiative très controversée qui s'inscrit dans le cadre de cette réforme: celle de confier à tous les enfants de la 6e année du primaire la mémoire d'un des 11 000 enfants juifs de France morts dans les camps de concentration nazis.
L'historienne Annette Wievorka, elle-même petite-fille de déporté, est au nombre de ceux qui s'insurgent contre cette décision. Le devoir de mémoire est réel, dit-elle, mais la méthode préconisée par le président est odieuse.
« Je pense qu'il y a quelque chose de réellement monstrueux de vouloir faire porter par un enfant de 9, 10 ou 11 ans la mémoire d'un enfant mort à une autre période », dit Mme Wievorka.