S'il est un endroit où convergent tous les soldats à un moment ou à un autre de la journée ou de la nuit dans la base militaire de Kandahar, ce sont les toilettes. Et ce qui semble unir certains visiteurs de ces lieux « fréquentés », c'est assurément la bêtise humaine.
Graffiti sur la paroi d'un cabinet de toilette de la base de Kandahar
Avertissement! Ce qui suit comporte des traductions libres et « adoucies » de ce qu'on peut lire sur les portes et parois des cabinets de toilette...
J'en passe et des pires.
En fait, on ne compte plus les grossièretés (dessins obscènes troublants) écrites par des soldats en mal d'inspiration alors qu'ils se retrouvent seuls, livrés à vous savez quoi... On le sait, dans toutes les forces armées du monde, il y a beaucoup de jeunes de 18 à 20 ans qui se sont enrôlés un jour par choix ou par dépit. Mais est-ce vraiment une excuse pour s'adonner à ce genre de prose d'adolescents attardés qui dénigre bien du monde?
La dictature du prolétariat?
Vous me direz, cela ne doit certainement pas représenter la petite pensée de la majorité des militaires. Probablement... et tout le monde l'espère. Mais il reste que tout est une question d'impression. Et ceux qui s'affichent et s'expriment de façon aussi véhémente (les paroles s'envolent, les écrits restent) semblent parler pour tout le monde.
C'est comme dans tout. Ceux qui vont voter parlent pour ceux qui n'y vont pas, ceux qui ont été à la commission Bouchard-Taylor ont pris le crachoir de ceux qui n'avaient rien à y dire... C'est comme ça. Certains diront que la démocratie, c'est la dictature du plus grand nombre, ceux qui prennent la peine de crier plus fort que les autres pour se faire entendre.
Alors, que « les Canadiens sont des incompétents », les « Les Américains sont des enfoirés », et les « Retourne dans ton pays, tapette du 22e Régiment » continuent de proliférer, fermons les yeux sur ces idioties et concentrons-nous sur l'essentiel (vous savez quoi)...
Le dernier mot, je le laisse à un soldat anonyme qui, dans les bécosses, écrit ceci: « À vous lire ici, je pense que nos ennemis ont plus de cohésion que nous tous ».
Rassurant...