Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon
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AFP/JOSE CENDON
Les Nations unies craignent qu'un prolongement de l'actuelle crise kényane n'y déclenche une véritable catastrophe. C'est justement dans l'espoir de juguler cette crise que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se rendra d'urgence à Nairobi vendredi.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui se rendra demain à Nairobi pour y rencontrer l'opposition, met le Kenya en garde contre une catastrophe de grande ampleur si la violence se poursuit.
M. Ban, actuellement en Éthiopie pour participer au sommet de l'Union africaine dominé par la question kényane, compte en effet se rendre à Nairobi pour s'y entretenir avec le chef de l'opposition Raila Odinga.
Plus tôt, le dirigeant onusien devrait rencontrer le président kényan sortant Mwai Kibaki, présent lui aussi au sommet de l'Union africaine.
Jeudi, les efforts de médiation de l'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, se sont heurtés à l'assassinat d'un second député de l'opposition. Devant les risques d'embrasements de la crise, le diplomate ghanéen a suspendu jusqu'à vendredi les pourparlers qui s'amorçaient timidement pour appeler les responsables des deux camps à se rendre auprès de leurs partisans pour les calmer.
On rapporte d'ailleurs qu'à l'annonce de la mort du député, des groupes de manifestants armés se sont réunis dans plusieurs localités du pays pour violemment protester contre l'assassinat du parlementaire David Kimutai Too.
Le député Too, membre de la formation de l'opposant Raila Odinga, qui conteste la validité de la réélection du président sortant Mwai Kibaki, a été abattu par balle dans une ville de la vallée du Rift.
Selon les autorités locales, le meurtrier est un policier de la circulation qui aurait décidé d'abattre le député Too non pas pour des raisons d'allégeances politiques, mais plutôt parce que ce dernier aurait entretenu une liaison amoureuse avec la femme du policier.
Cependant, ce second meurtre de parlementaire de l'opposition en une semaine sème le doute chez bien des observateurs.
Le porte-parole de la formation de Raila Odinga a d'ailleurs estimé que les circonstances du meurtre « sont très floues », déplorant au passage que « la crise s'approfondisse de jour en jour ».
Nettoyage ethnique
Des membres de différents groupes ethniques s'affrontent à Kisumu.
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AFP/YASUYOSHI CHIBA
À la veille de cette rencontre, la sous-secrétaire d'État américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, a affirmé que les Kikuyus, la tribu du président Kibaki, étaient victimes de « nettoyage ethnique » dans la vallée du Rift. « J'ai écouté les victimes et c'est ce que j'en ai déduit », a-t-elle déclaré à la presse.
Elle a ensuite indiqué que Washington pourrait revoir son aide au Kenya en raison de la situation sur le terrain. Les États-Unis doivent fournir une aide de plus de 540 millions de dollars cette année au Kenya, surtout pour lutter contre le sida et le paludisme.
À Washington, le département d'État a toutefois tenu à prendre ses distances avec les propos de Mme Frazer. Son porte-parole Sean McCormack a admis que la situation était grave, mais il affirme qu'il était trop tôt pour parler de nettoyage ethnique.
Les violences qui frappent le Kenya depuis la réélection contestée du président Kibaki auraient fait plus de 850 morts et forcé plus de 300 000 personnes à fuir leur domicile.