L'Europe déploie ses troupes

Un soldat français lors d'un exercice sur la base tchadienne qui accueillera sous peu l'EUFOR. Un soldat français lors d'un exercice sur la base tchadienne qui accueillera sous peu l'EUFOR.   © AFP/THOMAS COEX

La plus importante mission de l'Union européenne hors de ses frontières et sans assistance technique de l'OTAN a officiellement reçu son ordre de déploiement, lundi.

L'Union européenne déploiera d'ici juin une force de 3700 soldats aux frontières tchadiennes et centrafricaines du Darfour pour y protéger des centaines de milliers de réfugiés et les travailleurs humanitaires qui s'y trouvent.

Les 27 ministres des Affaires étrangères de l'Union viennent en effet d'approuver l'envoi immédiat des premiers éléments de l'opération EUFOR Tchad-RCA.

Ainsi, dès cette semaine, un détachement d'une quinzaine de soldats autrichiens rejoindra le général français chargé du commandement sur le terrain au quartier général de la mission, à Abéché, dans l'est du Tchad.

Début février, une cinquantaine de soldats irlandais viendront s'ajouter au dispositif européen. Celui-ci, qui comptera quelque 3700 membres, devrait être opérationnel d'ici juin.

Les soldats européens, dont une très forte majorité de Français, seront déployés dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la Centrafrique, à proximité des frontières avec le Darfour soudanais. Ils auront essentiellement pour but de protéger des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés, ainsi que des centaines de travailleurs humanitaires.

Outre la France, 14 autres pays européens participeront à divers degrés à une mission africaine qui pourra aussi compter sur une dizaine d'hélicoptères de combat et de transport, des avions de transport de troupes et un soutien radar complet.

La mission européenne viendra aussi appuyer la mission hybride des Nations unies et de l'Union africaine qui tente toujours de s'imposer à l'intérieur même du Darfour.

La guerre civile qui déchire le Darfour depuis 2003 et qui y a fait au-delà de 200 000 morts s'est propagée au cours des derniers mois au Tchad et en Centrafrique, deux pays habités par les mêmes peuples et aux prises avec les mêmes problèmes que leurs voisins du Darfour.

Comme l'explique d'ailleurs à l'AFP un responsable local de l'ONG britannique Oxfam, Poul Brandrup, « il y a les mêmes communautés de part et d'autre de la frontière, et donc, les mêmes conflits communautaires ». Selon M. Brandrup, « de petits conflits interethniques ont toujours existé, mais ils étaient circonscrits et gérés par les autorités traditionnelles. Le conflit du Darfour a provoqué une escalade de ces violences qui ont atteint un niveau tel que les chefs traditionnels sont dépassés ».

Actuellement il y aurait plus de 240 000 réfugiés soudanais du Darfour dans l'est du Tchad et 3000 autres dans le nord-est de la Centrafrique. Et les raids incessants des divers groupes rebelles contre les camps de réfugiés ont aussi entraîné plus de 179 000 Tchadiens et 20 000 Centrafricains à fuir leur domicile.

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