Intérieur de la tente où résident le journaliste de Radio-Canada et son caméraman-monteur.
Si on ferme les yeux et qu'on ajoute une vingtaine de degrés imaginaires, on pourrait presque se croire quelque part à Varadero. Pas dans un « tout inclus » cinq étoiles, mais bon... pas tout à fait à Varadero non plus, mais, enfin, c'est à euh... beaucoup de choses près... la même affaire.
Dans la base militaire de Kandahar, les clients doivent se munir non pas d'un bracelet aux couleurs de l'hôtel, mais plutôt d'une carte magnétique pour profiter de ce « tout inclus ».
Les journalistes doivent, en plus, porter en tout temps une carte d'identité et une plaque métallique autour du cou pour être identifiés si ça tournait mal.
Pour info, je suis le numéro 17256...
La bouffe, hum...
Ainsi, tous les clients du « all inclusive » ont accès à de somptueux buffets variés (euh vraiment?).
C'est dans un magnifique décor (réfectoire) que les cuistots prennent quand même la peine de rédiger un menu alléchant chaque jour.
Le réfectoire de la base du « club Kandahar »
Même si on se demande souvent si le poulet est du poisson, si la saucisse allemande est une étrange bouillie blanchâtre ou encore si le roast-beef est un nouveau modèle de semelles de bottes militaires.
Tenue de treillis militaire et fusil en bandoulière obligatoire pour les soldats (sans munitions, fiou!).
Marrant de voir ces militaires choisir entre le steak de jambon grillé « fristouillant » dans la graisse et le goulash hongrois...
Mais bon, si cela ne vous plaît pas, il reste toujours Burger King, Subway, Pizza Hut et, bien sûr, Tim Horton's (faudra que je vous parle de Tim une autre fois, c'est fascinant).
Pour se divertir
Les activités sont variées: pas d'aquagym ni de danse au son de « pousse l'ananas et mouds le café », mais plutôt concours de jeu d'échecs, jeu de fléchettes, visionnement de versions pirates de films vidéo en provenance du Pakistan et disco avec DJ Fred le samedi soir. (Rappelez-moi de vous parler de la discothèque de la Maison du Canada une prochaine fois, ça vaut la peine). Dois-je vous rappeler que KAF, la base de Kandahar, est une base sans alcool. Faites vos provisions de point 5 (un autre texte là-dessus bientôt).
Souvenirs, souvenirs...
Et puis, si vous souhaitez ramener quelques souvenirs de votre séjour afghan, n'hésitez pas à déambuler sur le « boardwalk », une promenade à faire sous une structure de bois où vous pouvez acheter quelques tapis ou foulards de l'endroit. Ou si vous vous sentez l'âme « bargaineuse », attendez le samedi matin pour aller au marché où vous pourrez marchander des DVD pirates, des fausses Rolex, des araignées et des scorpions géants, carpettes afghanes en laine de chameau, pashmina (sorte de foulard en soie) dans la base militaire ou encore des cochonneries « made in China ».
Pour les amateurs de magasins sans taxes, précipitez-vous au Duty Free où vous aurez des bons prix sur les cigares cubains (Cohiba, Montechristo...). Parenthèse: étonnant de trouver ces cigares du pays de Fidel dans une base américaine alors que les sujets de l'oncle Sam n'ont même pas le droit d'en fumer dans leur pays sous peine de sanction, embargo américain contre Cuba oblige... Parenthèse fermée. Bref, un vrai tout inclus où tout le monde y trouve quand même son compte. Après tout, nous sommes en Afghanistan, en état de guerre, cessons de faire la fine bouche... Vous en voulez une bonne? Après ces cinq semaines de séjour afghan, je m'en irai en vacances dans un autre tout inclus, mais cette fois-là, dans le sud. Bye bye plaquette 17256, bonjour bracelet... Agadou Dou Dou...