Autant vous le dire tout de suite, je n'ai jamais été un fan du camping. Les derniers souvenirs que j'en ai se comptent sur les doigts de la main. La première fois, j'avais 6 ans; la dernière, j'en avais 10.
Pour ces deux occasions, ma mère m'avait plus que tordu le bras pour m'envoyer en camp de vacances. Je ne sais si c'était pour me sortir de ma coquille ou parce qu'elle et mon père voulaient aussi des vacances.
Bref, adepte du petit confort et d'un bon lit qui procure un sommeil réparateur, passer cinq semaines dans une base militaire, dans le désert afghan, ressemblait dès lors à tout un défi personnel lorsqu'il m'a été proposé.
Décor de souk marocain
Intérieur de la tente où résident Frédéric et Michel.
Lorsque l'armée canadienne nous a conduits vers nos quartiers, je fus plongé dans ces réminiscences de camp d'été de ma jeunesse.
À ceci près qu'on est en plein hiver afghan et que le mobilier, si tant est qu'on puisse l'appeler ainsi, est des plus minimalistes.
Passé la planche de « plywood » qui sert de porte d'entrée, je crus entrer dans un décor de souk marocain, où chaque « chambre » de quatre mètres sur deux est séparée par une bâche de plastique.
Matelas de fortune, un cintre, une chaise et une lampe de bureau, voilà toute la richesse de notre patrimoine.
Repos de courte durée
Bien emmitouflé dans un confortable sac de couchage fourni par mon employeur, les deux premières nuits furent courtes, non pas à cause d'un certain manque de confort, mais plutôt à cause du décalage horaire qui nous empêche de dormir (dans mon cas, 11 heures et demie et dans celui de Michel, mon caméraman, 8 heures et demie).
Michel Durand dans son « palace »
Bref, on est loin de la vie de « jet-set » et on vit plutôt en plein « jet-lag »...
Entre les bruits d'avions et d'hélicoptères qui atterrissent ou qui décollent, ceux des tirs de soldats qui s'exercent et ceux des véhicules routiers qui sillonnent les chemins de la base, on parvient, exténués, à sombrer dans le sommeil.
Dans le froid du petit matin
Le lendemain matin, il faudra bien sortir de la tente, chaussés de « gougounes » dans le matin froid pour prendre un chemin cahoteux constitué de gros cailloux qui nous mènera, quelque 200 mètres plus loin, vers une douche salvatrice.
Serai-je fan de camping un jour grâce à Kandahar? Encore trop tôt pour le dire. Peut-être avec ma douce moitié, dans un décor moins hostile et moins mouvementé, comme celui de ma Colombie-Britannique d'adoption.
Les roulottes qui abritent les douches.
En attendant, je n'oublie pas qu'après tout, cinq semaines de camping afghan « rustique », ce n'est pas si terrible que ça. En comparaison des six mois que vivront les soldats canadiens en mission dans la base.
Engagez-vous, qu'ils disaient...