Le Kosovo sous Tito

Au terme de la seconde guerre des Balkans, au cours de laquelle les pays de la région se sont disputé les restes de l'Empire ottoman, le Kosovo est officiellement rattaché en 1918 au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, destiné à rassembler tous les Slaves du sud. Le nom de Royaume de Yougoslavie deviendra officiel l'année suivante.

Le maréchal Tito, en 1953 Le maréchal Tito, en 1953   © AFP/Yugofoto

Le roi serbe, Alexandre Ier, souhaitant créer une nouvelle entité forte, redessine la carte de la région et réprime du même coup la résistance des Albanais. Il favorise la réinstallation de familles serbes et monténégrines au Kosovo. Cette époque se termine en 1941, lorsque Hitler attaque la Yougoslavie.

Débute alors une courte période au cours de laquelle le Kosovo est rattaché à l'Albanie, elle-même gouvernée par l'Italie fasciste de Mussolini. La Serbie est pour sa part gouvernée par l'Allemagne. Cet intermède durera 4 ans, soit jusqu'à ce que des militants communistes, ralliés au général croate Josip Broz, dit Tito, libèrent les territoires.

Fort de sa victoire, Tito fonde la Fédération démocratique de la Yougoslavie, une République socialiste qui, contrairement au royaume centralisé d'Alexandre 1er, reconnaît le pluralisme. L'État est ainsi constitué comme une fédération de six républiques: la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Macédoine, le Monténégro, la Serbie et la Slovénie.

Pour sa part, le Kosovo est défini comme une province au sein de la république serbe. Ce statut accorde aux Kosovars des droits égaux à ceux des autres habitants de la Fédération, mais ils ne sont tout de même pas considérés comme un « peuple » à part entière, mais comme une « minorité nationale ». Collectivement, il leur est interdit de se séparer de la Fédération, comme en ont le droit les autres républiques.

À force de revendication, le Kosovo obtient finalement un statut de province autonome en 1974. La province est alors directement représentée au sein des instances fédérales, à égalité avec les autres républiques. Elle dispose à ce moment d'un droit de veto au sein de la république serbe et bénéficie même d'un impôt fédéral particulier destiné à le sortir de la pauvreté.

Tito meurt six ans plus tard, ouvrant la voie à l'émergence d'une forme de nationalisme serbe. Au moment de sa mort, le Kosovo compte 1,585 million d'habitants, dont 77 % d'Albanais, 13 % de Serbes, le reste se divisant entre d'autres minorités, notamment croates et bosniaques.

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