![]() Journaliste:François Messier Mise à jour le jeudi 22 juillet 2010 à 11 h 40 Une indépendance contestée
Plus de huit ans après que l'OTAN eut contraint l'armée yougoslave à se retirer du Kosovo et mis fin à des exactions à grande échelle, le Parlement kosovar a officiellement proclamé son indépendance le 17 février. Cette décision ouvre une nouvelle ère d'incertitude pour les 2 millions de Kosovars, dont le territoire est considéré comme une province de la Serbie en vertu du droit international. La déclaration d'indépendance était largement attendue. Le 10 décembre 2007, le mandat des médiateurs internationaux chargés de trouver une solution politique finale est officiellement venu à échéance. Leurs travaux, entrepris de longue date, n'ont pas permis de résoudre la quadrature du cercle. Les Kosovars, d'origine albanaise dans 95 % des cas, ne voulaient rien d'autre que l'indépendance. Or, c'est précisément ce que voulaient éviter à tout prix les Serbes, qui offraient plutôt une large autonomie au Kosovo, considéré comme le berceau de leur nation. Pour l'heure, le Kosovo demeure géré par la MINUK, une mission internationale civile mise sur pied par l'ONU afin de superviser, entre autres, de nouvelles institutions démocratiques. La sécurité est assurée par une mission de l'OTAN, la KFOR, forte d'environ 15 000 Casques bleus.
La discorde actuelle n'a rien d'étonnant, si l'on considère la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée au terme des combats, le 10 juin 1999, et en vertu de laquelle ont été créées la MINUK et la KFOR. Elle confirmait que le Kosovo pourrait jouir d'une autonomie substantielle au sein de la Yougoslavie, qui ne comprend déjà plus, à cette époque, que la Serbie et le Monténégro. Son préambule réaffirme d'ailleurs « l'attachement de tous les États membres à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Yougoslavie, tel que cela est défini dans les accords d'Helsinki », conclus en 1975, et qui ont établi le sacro-saint principe d'inviolabilité des frontières. Du même souffle, la résolution 1244 spécifiait toutefois que la MINUK devait « faciliter un processus politique visant à déterminer le statut futur du Kosovo ». C'est ce processus qui s'est embourbé, chaque partie campant sur ses positions, et comptant sur ses alliés: les États-Unis et une majorité de pays de l'Union européenne pour les Kosovars, les Russes pour la Serbie. Fil international en continuMis à jour il y a 1 heure 21 minutesCorrespondants à l'étranger
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