À Jérusalem, le président George W. Bush visite le mémorial de Yad Vashem, le musée consacré à l'holocauste des Juifs en Europe.
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« M. le Président, la région a besoin d'initiatives intelligentes, pas de bombes intelligentes », affirmait le journal koweïtien Al-Raï dans un éditorial en première page vendredi, peu de temps avant l'arrivée de George W. Bush dans la région.
Des journaux locaux du Golfe ont durement malmené vendredi le président américain, entre autres au sujet de l'Iran, à quelques heures de son arrivée dans la région. George W. Bush s'y rend pour une visite dans quatre monarchies alliées des États-Unis.
M. Bush est arrivé au Koweït en provenance d'Israël. Il doit ensuite se rendre samedi à Bahreïn, dimanche dans les Émirats arabes unis et lundi en Arabie saoudite.
Le Golfe « a besoin de technologie intercontinentale, pas de missiles balistiques. Il a besoin d'accords scientifiques, économiques, financiers et commerciaux, pas de contrats d'armements », poursuivait le journal.
Le quotidien émirati Al-Khaleej affirmait pour sa part dans un éditorial que l'Iran constituait « la cible » de la tournée de M. Bush, « car il constitue une menace pour la paix mondiale, comme il dit ».
« Il essaie donc de transformer le conflit israélo-arabe en un conflit arabo-iranien, puisqu'Israël, puissance nucléaire armée jusqu'aux dents avec des armes de destruction massive, qui est agressive, expansionniste, raciste et un hors-la-loi international ne menace pas la paix mondiale », poursuivait ce journal basé dans l'émirat de Sharjah.
George W. Bush a déclaré avant son départ de Washington que sa tournée au Moyen-Orient, la première de sa présidence, avait pour but de promouvoir la paix entre Israël et les Palestiniens et de contenir les « ambitions agressives » de l'Iran, voisin des monarchies arabes du Golfe.
M. Bush a annoncé qu'il reviendra en Israël au mois de mai prochain afin de mesurer les progrès dans les négociations et de participer au 60e anniversaire de l'État hébreu.
La paix, selon Bush
Jeudi, en Cisjordanie, le président américain a précisé quelque peu sa vision de l'éventuel traité de paix israélo-palestinien qu'il souhaite voir conclu d'ici la fin de l'année.
Il a notamment déclaré:
La question de Jérusalem, a-t-il admis, sera la plus difficile à résoudre. La ville sainte est actuellement sous contrôle israélien, mais les Palestiniens veulent en faire la capitale de leur futur pays.
Le président américain a fait ses déclarations au terme d'une rencontre avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au palais présidentiel de la Mouqataa, à Ramallah. Il s'est ensuite rendu à l'église de la Nativité, à Bethléem.
« L'occupation qui a commencé en 1967 doit cesser. [...] L'accord doit établir que la Palestine est la patrie du peuple palestinien et qu'Israël est la patrie du peuple juif », a-t-il déclaré.
« L'établissement d'un État palestinien a trop tardé. Le peuple palestinien le mérite. Cela accroîtra la stabilité dans la région et contribuera à la sécurité du peuple israélien. »
De la sécurité d'Israël
Le président Bush n'a pas manqué de rappeler qu'un traité de paix ne pourrait voir le jour sans des garanties pour la sécurité de l'État hébreu.
« La sécurité est fondamentale. Aucune entente et aucun État palestinien ne naîtront de la terreur. Je réaffirme l'engagement indéfectible des États-Unis envers la sécurité d'Israël », a-t-il dit.
Cette question est particulièrement épineuse dans le contexte actuel. Depuis juin dernier, la bande de Gaza est contrôlée par les islamistes du Hamas, qui ont contraint le président Abbas, issu du mouvement laïque Fatah, à se retrancher en Cisjordanie. Mahmoud Abbas, seul interlocuteur palestinien dans ce dossier, ne contrôle plus rien dans ce petit territoire enclavé entre l'Égypte et Israël, d'où sont lancées des roquettes artisanales vers l'État hébreu.
Délimiter le territoire
Le président Bush a eu droit à un accueil particulier à Bethléem.
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AFP/Hazem Bader
George W. Bush a souligné qu'Israël doit de son côté respecter les obligations qui lui incombent en vertu de la feuille de route, un document élaboré en 2003 et qui détaillait une série de gestes réciproques devant mener à une paix durable.
« Du côté israélien, cela implique la fin de l'expansion des colonies et le démantèlement des développements illégaux en sol palestinien. Du côté palestinien, cela nécessite de confronter les terroristes et démanteler les infrastructures de la terreur ».
Au sujet des frontières, le président américain a appelé les parties à modifier la ligne d'armistice de 1949, aussi appelée ligne verte.
« Bien que les questions territoriales doivent être résolues par les deux parties, je crois que toute entente nécessitera des ajustements faisant l'objet d'un commun accord au sujet de la ligne de l'armistice de 1949 afin de refléter les réalités actuelles et assurer que l'État palestinien soit viable et contigu », a-t-il dit.
Poursuite du voyage
Le président Bush doit maintenant s'envoler vers les pays du golfe Persique, sur lesquels il compte exercer des pressions. « Je demande aux pays arabes de tendre la main à Israël, une étape qui a trop tardé », a-t-il déclaré.
Son conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley, a déclaré à la presse que le président américain sera de retour dans la région avant la fin de son mandat, en janvier 2009.
La visite du président Bush à Ramallah est historique, puisque c'était la première fois qu'un président américain en exercice se rendait dans la métropole cisjordanienne. Mercredi, il s'est entretenu avec les dirigeants israéliens.
Avant la rencontre, MM. Bush et Abbas se sont dits persuadés de la possibilité de règlement du conflit. « Je pense que c'est non seulement possible, mais que cela va se produire, qu'un accord de paix sera conclu avant la fin de mon mandat. C'est ce que je crois », a réitéré le président américain.
« Nous avons commencé avec nos voisins israéliens, sous votre parrainage, des négociations bilatérales. Nous espérons qu'elles s'achèveront sous votre mandat avec la fin de l'occupation et la création d'un État palestinien », a de son côté affirmé le président Abbas.
Les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens ont été officiellement relancées en novembre dernier lors de la conférence d'Annapolis, au Maryland. Le processus est suivi avec beaucoup de scepticisme au Proche-Orient, étant donné la situation politique fragile du premier ministre israélien Ehoud Olmert et la mainmise du Hamas sur la bande de Gaza.