Libres

Les ex-otages colombiennes Clara Rojas et Consuelo Gonzalez sont arrivées à Caracas jeudi après-midi, où elles ont retrouvé leurs proches, quelques heures seulement après avoir été libérées par les Forces armées révolitionnaires de Colombie (FARC).

Les ex-otages colombiennes Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, apparemment en bonne santé, sont maintenant à Caracas, où elles ont retrouvé leurs proches, quelques heures seulement après avoir été libérées par les FARC.

Clara Rojas s'est jetée dans les bras de sa mère à son arrivée à Caracas. Clara Rojas s'est jetée dans les bras de sa mère à son arrivée à Caracas.   © AFP/TELESUR

Consuelo Gonzalez a été accueillie par ses filles en pleurs. Elle a aussi pris dans ses bras sa petite-fille de 2 ans, qu'elle n'avait jamais vue. « C'est comme revenir à la vie. Par moments, je pense que c'est un rêve », a-t-elle dit.

Clara Rojas, elle, a retrouvé sa mère âgée de 76 ans. Elle a déclaré qu'elle n'avait aucune nouvelle depuis trois ans de la candidate à la présidence Ingrid Betancourt, de qui elle était la directrice de campagne au moment de leur enlèvement.

Les ex-otages avaient d'abord été amenées à Santo Domingo, à bord d'hélicoptères vénézuéliens. C'est là qu'elles ont été transférées à bord d'un avion à destination de la capitale vénézuélienne, Caracas.

La télévision vénézuélienne Telesur a montré des images des deux femmes, qui semblaient en bonne santé et surtout souriantes. L'échange des otages entre la guérilla, la Croix-Rouge et les représentants du président du Venezuela, Hugo Chavez, a été diffusé en direct.

On a aussi pu voir et entendre les ex-otages parler avec le président Chavez avec un téléphone satellitaire. « Nous vous remercions du fond du coeur pour l'aide que vous avez apportée, lui dit Clara Rojas. Tout va bien », a déclaré Clara Rojas. « Président, mille mercis pour tous vos efforts humanitaires. S'il vous plaît, président, vous ne pouvez pas baisser la garde, pour tous ceux qui restent otages », a ajouté Consuelo Gonzalez.

Consuelo Gonzales Consuelo Gonzales alors qu'elle venait tout juste d'être libérée   © Telesur

Plus tôt, le président Chavez avait annoncé que les deux otages avaient été libérées, ce qu'a confirmé la représentante du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Colombie.

Les FARC détenaient Mme Roja depuis plus de cinq ans, et Mme Gonzalez depuis plus de six ans.

Clara Rojas avait été capturée le 23 février 2002, en même temps qu'Ingrid Betancourt, dont elle était la directrice de campagne pour l'élection présidentielle.

Consuelo Gonzalez, une parlementaire colombienne, avait été capturée le 10 septembre 2001.

Meilleur esprit de collaboration

Le président Chavez avait annoncé mercredi avoir reçu de la guérilla les coordonnées du lieu de libération. Le haut commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, avait alors indiqué aux médias que les deux gouvernements coordonneraient leurs efforts pour libérer les otages.

M. Restrepo a affirmé qu'il y avait maintenant un meilleur esprit de collaboration entre la Colombie et le Venezuela, ajoutant que le CICR, qui prend part à l'opération, participait aussi activement aux discussions avec les deux gouvernements.

Le mois dernier, l'opération de libération des otages avait échoué, car les FARC n'avaient pas précisé l'endroit où elle aurait lieu. Les FARC et le gouvernement colombien se sont mutuellement accusés de vouloir saboter la mission.

Sous la médiation du président Chavez, les FARC avaient promis de libérer Clara Rojas, adjointe de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez.

Les rebelles s'étaient aussi engagés à libérer Emmanuel, le fils de Mme Rojas, né d'une relation avec un guérillero il y a trois ans, avant de reconnaître que l'enfant se trouvait dans un foyer à Bogota.

Espoir pour la famille Betancourt

La fille d'Ingrid Betancourt, Mélanie Delloye, a déclaré à l'Agence France presse que la libération des deux femmes ravivait les espoirs de voir un jour sa mère libérée.« Je suis très émue. C'est un formidable élan pour faire que tous les autres otages, dont maman, reviennent à la maison. Cela montre que quand il y a de la volonté, on peut avancer ».

Et dans un texte diffusé à Paris par la Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid, et Astrid Betancourt, sa soeur, ont déclaré « nous encourageons les FARC à persévérer dans la voie des libérations humanitaires » et « nous demandons au gouvernement colombien d'agir prioritairement en fonction de la vie et de la liberté des otages en dehors de toute autre considération ».

Ingrid Betancourt est apparue dans une vidéo, dernièrement, qui la montrait déprimée et amaigrie.

La fille de Mme Betancourt a aussi tenu à remercier le président du Venezuela, Hugo Chavez, pour son intervention, et encourage le président de la Colombie, Alvaro Uribe, à « faire lui aussi des pas pour faire qu'un dialogue s'ouvre avec les FARC ».

De son côté, le président français, Nicolas Sarkozy, a déclaré que la France se réjouissait de la libération des deux otages. « Cela prouve que les choses bougent, que la mobilisation produit ses premiers résultats », a-t-il déclaré à la presse. « Cela nous engage à redoubler d'efforts pour faire rentrer les autres otages, au premier rang desquels Ingrid Betancourt ».

Washington remercie Chavez du bout des lèvres

Un porte-parole du département américain d'État, Tom Casey, a déclaré à la presse que les États-Unis saluaient la libération des otages.

« Nous continuons à appeler les FARC à libérer tous les otages en leur possession, qu'ils soient Américains, Colombiens ou autres », a-t-il ajouté.

M. Casey a ensuite remercié toutes les personnalités ayant favorisé ces libérations sans toutefois nommer Hugo Chavez, qui n'a vraiment pas la faveur de Washington.

Il a fallu attendre qu'on lui demande si M. Chavez faisait partie de ces personnes qui ont contribué à la libération des otages pour qu'il prononce le nom du président vénézuélien. « Je pense qu'il faut accueillir favorablement quiconque susceptible de jouer un rôle positif de soutien aux efforts du président Uribe et du gouvernement colombien, y compris le président Chavez », a-t-il dit.

OtagesLes FARC détiendraient quelque 46 otages de premier plan, dont trois ressortissants américains et Mme Betancourt. En tout, ils détiendraient 3170 personnes dans la forêt amazonienne. Ils espèrent les échanger contre des centaines de guérilleros emprisonnés ou contre de l'argent.

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