Jacob Zuma dirigera l'ANC

Thabo Mbeki et Jacob Zuma Thabo Mbeki et Jacob Zuma   © AFP/Alexander Joe

En Afrique du Sud, l'ancien vice-président sud-africain Jacob Zuma a été élu président du Congrès national africain (ANC) et se trouve en position de devenir le prochain président du pays.

L'ancien vice-président du pays devient président du Congrès national africain avec 60,7 % des voix. Il inflige du coup une sévère défaite à l'actuel président du pays, Thabo Mbeki, et devient le grand favori pour la présidentielle de 2009.

M. Zuma a récolté 60,7 % des suffrages, infligeant du coup une sévère défaite à l'actuel président du pays de 44 millions d'habitants, Thabo Mbeki.

Au total, 3834 délégués ont enregistré leur vote lors de ce congrès de l'ANC, qui a lieu à Polokwane, dans la province du Limpopo. Pour une première fois dans l'histoire de la formation politique, deux candidats se livraient une lutte ouverte.

M. Mbeki, âgé de 65 ans, ne peut solliciter un nouveau mandat en vue de la présidentielle de 2009. Il souhaitait néanmoins conserver les rênes du parti afin d'avoir les coudées franches pour ses derniers mois au pouvoir et d'influencer le choix de son successeur.

M. Zuma, également âgé de 65 ans, est un personnage charismatique, mais controversé, dont la popularité s'est maintenue malgré deux récents scandales. Il est considéré comme le candidat des classes défavorisées.

Le choix des délégués est crucial pour l'avenir du pays, étant donné la domination de l'ANC dans la vie politique du pays. Le parti a récolté près de 70 % des suffrages lors des dernières élections législatives, et ce sont ces députés qui choisissent le président. En 2004, M. Mbeki a été élu sans opposition.

La course a été dépeinte comme une lutte entre les élites, issues le plus souvent de milieux urbains, alliées à M. Mbeki et les classes populaires des régions rurales, qui lui préfèrent M. Zuma.

Dans un vote de délégués visant à désigner les candidats à la présidence du parti, M. Zuma était arrivé largement en tête avec 62 % des suffrages. Il avait notamment obtenu l'appui d'organisations de femmes et de jeunes, des syndicats et des communistes, et celui de ses compatriotes zoulous.

Au cours des derniers mois, MM. Mbeki et Zuma se sont livré une lutte sans merci qui s'est transportée jusqu'au congrès actuel. Les partisans de M. Zuma ont notamment chahuté le président Mbeki lorsque ce dernier a prononcé son discours d'ouverture. Il avait dénoncé, sans nommer son adversaire, « la corruption, le népotisme et la soif de pouvoir ». Des luttes intestines sur les procédures ont aussi retardé le début du vote des délégués.

Autrefois alliés

Des partisans de Jacob Zuma chantent et dansent. Des partisans de Jacob Zuma chantent et dansent.   © AFP/Alexander Joe

Les deux candidats sur les rangs ont pourtant été des alliés jusqu'en 2005. Jacob Zuma a alors été démis de ses fonctions après que son conseiller financier eut été accusé de corruption dans la foulée d'un contrat d'armement. Lui-même a été innocenté.

Sitôt cette affaire terminée, il s'est retrouvé devant le tribunal pour une affaire de viol. JZ, comme l'appellent ses partisans, a été blanchi, mais son témoignage a été largement ridiculisé: il a raconté qu'il n'avait pas utilisé de préservatif même s'il savait que sa partenaire était séropositive, mais qu'il avait pris une douche pour ne pas être contaminé.

L'affaire n'est pas passée inaperçue dans ce pays où vivent environ 5,5 millions de personnes infectées au VIH, selon l'ONU. Le taux de prévalence de la maladie est estimé à 18,8 % au sein de la population âgée de 15 à 49 ans. Le pays compte environ 1,2 million d'enfants orphelins du sida.

M. Mbeki est également critiqué pour sa gestion de ce grave problème de santé publique. Il a notamment défendu bec et ongles sa ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang, surnommée « Dre Betterave », malgré le fait qu'elle ait vanté les vertus d'une alimentation riche en végétaux pour lutter contre la maladie, tout en exprimant des doutes sur l'efficacité des antirétroviraux.

Dans une entrevue accordée à la BBC, la figure historique de la lutte pour l'émancipation des noirs sud-africains, Nelson Mandela, s'est dit attristé par « la nature des différences au sein de l'organisation ». M. Mandela ne participe pas au congrès.

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