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![]() Photo: AFP/Daniel Garcia Cristina Kirchner en compagnie de son mari et ex-président Nestor Kirchner (à gauche). |
La première présidente argentine élue, Cristina Kirchner, a pris ses fonctions lundi au terme d'une cérémonie inédite au cours de laquelle l'ancien président, son mari Nestor Kirchner, lui a transmis ses pouvoirs.
Mme Kirchner, 54 ans, a prêté serment devant les deux chambres réunies du Congrès argentin, avant de recevoir des mains de son mari l'écharpe présidentielle.
Cette passation du pouvoir de mari à épouse, au-delà de son caractère inédit, est pour de nombreux observateurs un signe de continuité politique. La nouvelle présidente a d'ailleurs rendu un hommage appuyé à son mari dans son premier discours en tant que chef de l'État argentin, soulignant notamment que ses convictions étaient aussi les siennes.
« Nous avons fait des choses en quatre ans et demi et l'une d'entre elles est la lutte sans merci contre le chômage, l'indigence et la pauvreté », a notamment déclaré Mme Kirchner, utilisant un « nous » qui renseigne sur sa volonté de poursuivre sur la même lancée.
Elle a aussi loué les mérites de son mari et ex-président pour avoir contribué à faire sortir le pays de la débâcle économique dans laquelle il se débattait à la fin 2001.
Sous le signe de la continuité
Cette continuité politique a encore été soulignée, il y a quelques semaines, quand Mme Kirchner a reconduit dans leurs fonctions plusieurs ministres, à l'exception de celui de l'Économie, remplacé par un banquier de 37 ans, Martin Lousteau.
Lors de son allocution devant les parlementaires, Mme Kirchner a plaidé une nouvelle fois en faveur de la croissance, affirmant son intention de maintenir le « modèle d'accumulation » préconisé par son mari, en dépit des critiques et des réserves exprimées dans un contexte d'inflation soutenue.
L'Argentine a renoué avec la prospérité depuis 2003, affichant des taux de croissance de près de 9 % par an. Cependant, cette embellie est contrariée par une inflation qui dépasse les 15 %, selon plusieurs économistes. Le gouvernement estime, lui, qu'elle est inférieure à 10 %.
Par ailleurs, Mme Kirchner doit agir rapidement pour trouver une solution à la pénurie énergétique que connaît le pays. Elle doit aussi remédier à l'insécurité qui préoccupe beaucoup les Argentins, selon les sondages.
Au-delà des politiques qu'elle entreprendra, la nouvelle présidente risque d'imprimer un nouveau style à la politique argentine. Femme élégante jusqu'à l'excès, selon ses détracteurs, Mme Kirchner a aussi la réputation d'être autoritaire, même si elle a jusque-là tenu un discours d'ouverture.