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Journaliste:Florence Meney Mise à jour le mercredi 19 décembre 2007 à 12 h 17 Une fédération en crise
Après six mois de crise politique qui privait la Belgique de gouvernement, le premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, est parvenu à convaincre les partis politiques de s'entendre sur la formation d'un gouvernement intérimaire qu'il dirigera jusqu'au 23 mars 2008. À cette date, il passera le relais au démocrate-chrétien flamand Yves Leterme, grand vainqueur des élections du 10 juin dernier. Cet accord est le fruit de longues négociations. Il faut dire que la Belgique était sans gouvernement depuis les élections du 10 juin 2007. Longtemps symbole de coexistence pacifique entre les communautés linguistiques, pays au coeur de l'essor de l'Union européenne et siège de grandes institutions internationales, la Belgique vit une crise majeure de son histoire.
Le malaise existentiel belge, alimenté depuis des années par les velléités autonomistes des Flamands qui se heurtent en gros à la résistance des Wallons, a éclaté au grand jour lors des élections législatives du printemps 2007 et, loin de se dissiper, s'est intensifié dans les mois qui ont suivi. Lire la nouvelle du 11 juin 2007 L'incapacité des démocrates chrétiens flamands, vainqueurs des élections, à s'entendre avec un parti wallon pour former un gouvernement de coalition est venue semer le doute sur la viabilité même du pays. La mésentente est de taille, puisque les libéraux francophones, l'allié pressenti, s'opposent à la réforme des institutions fédérales souhaitée par le parti de Yves Leterme, qui vise à diluer le pouvoir central au profit des régions. Le projet touche notamment les missions sociales de l'État, dont la sécurité sociale, la Flandre florissante ne voulant plus payer pour compenser la mauvaise performance économique de la Wallonie, où le chômage est endémique. Les francophones craignent de leur côté que le fait d'accentuer le processus de décentralisation amorcé dans les années 90 n'ouvre la voie au sécessionnisme flamand. Sondage effectué pour le quotidien belge la Libre Belgique et la chaîne télévisée RTL-TVI du 3 au 10 décembre auprès de 750 Flamands, 750 Wallons et 500 Bruxellois: La majorité des habitants des trois régions de Belgique (Flandre, Wallonie et Bruxelles-Capitale) sont opposés au démembrement du pays. 72% des Flamands, 88% des Wallons et 87% des Bruxellois souhaitent que l'État belge demeure au cours des 20 prochaines années. Lire la nouvelle au complet : La crise s'envenime (1er décembre 2007). Novembre 2007: Lassés, mais surtout inquiets, de la crise politique qui s'étire depuis les législatives du 10 juin dernier, quelques dizaines de milliers de Belges ont manifesté à Bruxelles pour l'unité du pays. C'est donc un pays menacé dans ses fondements même qui contemple actuellement son fragile avenir, car le conflit dépasse nettement le cadre politique. De plus, d'autres États européens voient les difficultés de la Belgique d'un oeil inquiet, craignant que cette instabilité n'ait un effet domino. Un canular révélateurIl est 20 h 21 le 14 décembre 2006. François de Brigode, le présentateur du journal télévisé de la chaîne d'État francophone, lance une « émission spéciale ». Il annonce que le cauchemar appréhendé par les Wallons d'expression française s'est réalisé comme le rêve de la communauté flamande: la Flandre a déclaré son indépendance. Le roi a pris la fuite et se serait réfugié dans l'ancienne colonie congolaise (République démocratique du Congo). Lire les détails. Fil international en continuMis à jour il y a 13 minutesCorrespondants à l'étranger
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