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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le mercredi 5 décembre 2007 à 14 h 30
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Conférence de Bali

Le Canada vertement critiqué

Kyoto

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper est montré du doigt par les écologistes à l'occasion de la conférence de Bali, dont l'objectif est d'établir un calendrier de négociations pour un nouvel accord appelé à succéder au protocole de Kyoto.

Dans un bulletin d'information publié mercredi, le Réseau Action Climat soutient que la position du gouvernement à ce sujet s'est aggravée cette semaine, après que la délégation canadienne eut soutenu, selon lui, la plus récente proposition japonaise.

En lever de rideau, lundi, le Japon a soutenu qu'il « était essentiel d'aller au-delà du protocole de Kyoto, vers un nouveau cadre dans lequel le monde entier participerait réellement aux réductions d'émissions de gaz à effet de serre ».

Le Réseau Action Climat se demande si le Japon, où est né le protocole de Kyoto, est en train d'abandonner le navire en ne militant plus en faveur de cibles contraignantes d'émissions de gaz à effet de serre, mais plutôt en faveur de cibles volontaires.

« Le Canada se retrouve dans une situation où tout ce qu'il dit est pris avec beaucoup de méfiance par l'ensemble des intervenants, que ce soit les ONG, que ce soit l'ensemble des délégations, parce qu'on a l'impression que le Canada est ici pour torpiller [le processus] » dit Stephen Guilbault, qui représente à la fois l'organisation Équiterre et le Réseau Action Climat.

Les positions japonaises et canadiennes sont également suspectes aux yeux de l'ONG National Environment Trust. « Leurs propositions ne viennent assurément pas renforcer les fondations du protocole de Kyoto », a déclaré à l'AFP une porte-parole du groupe Angela Ledford Anderson. Selon l'agence, Greenpeace a aussi accusé Stephen Harper de mener une « campagne de désinformation et de sabotage concernant le protocole de Kyoto ».

Le Japon, qui a ratifié le protocole de Kyoto, mais qui peine à atteindre ses objectifs, s'est défendu mercredi d'avoir de telles visées. « Dire que le Japon n'est pas enthousiaste [pour réduire les émissions de gaz] est inexact », a fait valoir un porte-parole du gouvernement japonais, Nobutaka Machimura. « J'ai la sensation que certains discutent sur la base d'idées préconçues sans connaître les faits ».

La délégation canadienne à Bali est actuellement composée de fonctionnaires. Le ministre de l'Environnement, John Baird, se rendra à Bali la semaine prochaine.

La 13e conférence des Nations unies sur les changements climatiques se poursuit jusqu'au 14 décembre.

Cibles contraignantes ou pas

Stephen Harper lors d'une conférence de presse peu après la conclusion du sommet du Commonwealth, en Ouganda

Photo: La Presse Canadienne /Tom Hanson

Stephen Harper lors d'une conférence de presse peu après la conclusion du sommet du Commonwealth, en Ouganda

Quoi qu'il en soit, les environnementalistes ont pris bonne note des déclarations du premier ministre canadien au sommet du Commonwealth, il y a une dizaine de jours.

Stephen Harper avait alors déclaré que le protocole de Kyoto est une « erreur » que le monde ne doit jamais répéter. Il dénonçait surtout le fait que le protocole impose des cibles obligatoires à près de 40 pays, mais pas à d'autres, dont l'Inde et la Chine.

Le Canada ratifié le protocole de Kyoto, mais n'a jamais mis en oeuvre un quelconque plan destiné à atteindre ses objectifs. Pour respecter son engagement, le pays devrait, d'ici 2012, réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6 % par rapport à ses émissions de 1990. Elles ont plutôt augmenté de 25,7 %.

Lors de l'Assemblée générale des Nations unies, cet automne, le premier ministre Harper a annoncé que le Canada se joignait au Partenariat Asie-Pacifique, un groupe de pays opposés au protocole de Kyoto, qui regroupe les États-Unis, l'Australie, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l'Inde.

Quelques jours plus tard, le Canada participait à une conférence internationale sur les changements climatiques tenue à Washington, à l'initiative de la Maison-Blanche. Le président Bush avait profité de l'occasion pour réitérer son opposition à des cibles contraignantes.

Les États-Unis souhaitent développer un processus autre que celui du protocole de Kyoto, considéré néfaste pour l'économie américaine, étant donné que les pays émergents, comme l'Inde et la Chine, n'ont pas de cibles contraignantes à atteindre.

Au terme de la rencontre de Washington, le président Bush a annoncé qu'il allait convoquer une réunion de chefs d'État d'ici l'été 2008 afin de déterminer un objectif mondial à long terme de réduction des gaz à effet de serre.


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