Le renseignement américain fait volte-face

Iran

L'Iran serait moins déterminé à mener son programme nucléaire à terme que ce que les États-Unis croyaient.

Un rapport des services de renseignement américain affirme que Téhéran a arrêté son programme nucléaire militaire en 2003, contredisant ainsi les récentes affirmations de l'administration Bush.

Lundi, un rapport des agences de renseignement américain indique que l'Iran a arrêté son programme nucléaire militaire à l'automne 2003. Selon le rapport du National Intelligence Estimates (NIE), ce sont « principalement les pressions politiques internationales » qui ont poussé Téhéran à mettre un frein à ses ambitions nucléaires.

Selon le rapport, Téhéran n'est pas donc pas engagé dans « une course à la bombe qui ne tiendrait pas compte des coûts politiques, économiques et militaires ».

Les conclusions réfutent le précédent rapport du NIE publié en 2005 qui disait que l'Iran était « résolu à mettre au point des armes nucléaires malgré ses obligations et les pressions internationales ». Le récent rapport affirme que les craintes concernant le développement du programme nucléaire iranien ont été exagérées au cours des deux dernières années.

Les services secrets américains contredisent ainsi l'administration Bush, qui évoquait encore tout récemment les dangers d'un Iran doté de la puissance nucléaire. Il y a quelques semaines à peine, le président Bush parlait effectivement de la possibilité d'un « holocauste nucléaire » ou d'une Troisième Guerre mondiale si Téhéran se munissait de l'arme nucléaire.

Les démocrates ont d'ailleurs profité de la présentation de ce rapport pour réclamer un changement de politique envers l'Iran. Selon eux, il s'agit d'une belle occasion pour relancer les efforts diplomatiques.

Maintenir la pression

Le rapport 2007 du NIE indique cependant que l'Iran n'a pas mis pour autant un terme à ses ambitions nucléaires et pourrait se doter d'une arme nucléaire « s'il le désire ». Le NIE soutient que Téhéran serait en mesure de produire suffisamment d'uranium enrichi pour développer une bombe nucléaire dans l'horizon 2010-2015.

Le NIE estime qu'il est important que la communauté internationale poursuive ses pressions sur le régime islamique. Selon le groupe, les « menaces de surveillance » et les « pressions internationales accrues » pourraient inciter l'Iran à prolonger l'arrêt actuel de son programme d'armement nucléaire.

Le rapport survient au moment où la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, les États-Unis, la Russie et la Chine négocient le texte d'une troisième résolution onusienne pour renforcer les sanctions contre l'Iran et forcer le pays à mettre un terme à son programme nucléaire.

Jusqu'à maintenant, la Chine et la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, se sont opposées à l'application de nouvelles sanctions contre Téhéran.

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