Le président vénézuélien Hugo Chavez
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AFP/Juan BARRETO
C'est un véritable camouflet qu'a subi, le week-end dernier, le président vénézuélien Hugo Chavez, sa population lui infligeant sa première défaite électorale depuis son accession au pouvoir, en 1999.
Le président Hugo Chavez encaisse sa première défaite électorale au référendum sur sa réforme constitutionnelle, qui lui aurait notamment permis de se maintenir au pouvoir pendant des années.
Reconnu pour ses violentes déclarations anti-américaines et sa propension à dépeindre toute opposition comme un complot à l'encontre de sa « révolution socialiste », le président Chavez a surpris les observateurs par une réaction très modérée, lundi.
Ainsi, l'ancien officier putschiste de 53 ans a affirmé que le verdict populaire démontre que « la démocratie vénézuélienne mûrit » et que le respect du résultat du référendum par son gouvernement prouve qu'il est « un vrai démocrate ».
Hugo Chavez a cependant laissé entendre qu'il pourrait bien revenir à la charge avec son controversé programme de réformes constitutionnelles. « Pour l'instant, nous n'avons pas gagné », a-t-il souligné, lundi, faisant allusion à la formule qu'il a prononcée après l'échec de son coup d'État, en 1992. Le président a aussi précisé qu'il comptait « poursuivre la bataille pour construire un État socialiste ».
Pour l'opposition, la défaite de Chavez est d'abord et avant tout la défaite du « socialisme totalitaire » face à la démocratie.
Quelque 16 millions d'électeurs vénézuéliens étaient appelés aux urnes, dimanche, dans le cadre du référendum sur la réforme constitutionnelle souhaitée par le président Hugo Chavez. Toutefois, le taux de participation est demeuré relativement faible, à 56 %, comparativement à plus de 70 % lors de la présidentielle de 2006.
Près de 51 % des électeurs ont voté contre alors que 49 % ont voté pour.
Une vaste réforme
La réforme en 69 points proposée par le président lui aurait donné la possibilité de se représenter à son poste, sans limite de mandat, de décréter l'état d'urgence illimité et de censurer l'information en temps de crise.
Par ailleurs, elle aurait constitutionnalisé le socialisme comme modèle social et économique, ce qui faisait craindre aux opposants l'instauration d'un régime de style cubain.
La réforme devait en outre alléger la journée de travail des Vénézuéliens en faisant passer le nombre d'heures de travail de huit à six. Hugo Chavez promettait aussi de donner encore plus d'ampleur aux programmes sociaux existants, fer de lance de sa politique.