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![]() Photo: Présidence colombienne Ingrid Betancourt |
Le gouvernement colombien a diffusé vendredi des images de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, les premières à être présentées depuis août 2003.
Mme Betancourt, capturée par les rebelles marxistes en février 2002 au moment où elle était candidate à l'élection présidentielle, y apparaît amaigrie, les cheveux très longs, et fixant le sol.
Le gouvernement colombien soutient que cette vidéo était en possession de trois présumés membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) récemment arrêtés à Bogota.
L'authenticité de la bande vidéo, filmée le 24 octobre dernier selon Bogota, n'est mise en doute ni par la famille de Mme Betancourt ni par le président français Nicolas Sarkozy.
Les suspects, dit le gouvernement, avaient sur eux des bandes vidéo montrant 16 otages, dont des policiers et des militaires colombiens, et trois otages américains saisis lors d'une opération antidrogue menée avec l'assentiment du département d'État américain.
Ces trois otages - Marc Gonsalves, Thomas Howe et Keith Stannsen -, capturés après que leur avion eut été abattu en février 2003, apparaissent en meilleure forme que Mme Betancourt.
Désespoir et solitude
Les présumés membres des FARC arrêtés avaient également en leur possession des photos et 7 lettres, dont une rédigée par Mme Betancourt à l'intention de sa famille.
Selon le haut commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, la majorité des lettres étaient datées du 23 ou du 24 octobre. Cet état de fait laisse penser qu'elles ont été rédigées après que le président vénézuélien Hugo Chavez eut demandé des preuves de vie des otages au chef des FARC, Manuel Marulanda.
Dans sa lettre de 12 pages, datée du 22 octobre et écrite en toute petites lettres, Ingrid Betancourt adresse un mot à chacun des membres de sa famille. Son mari, Juan Carlos Lecompte, dit qu'elle le remercie pour les messages qu'il lui envoie par l'entremise d'émissions de radio et dans lesquels il lui raconte comment vont ses enfants.
Selon son fils Lorenzo, qui a aussi pris connaissance de la lettre, l'otage parle longuement de son désespoir et de sa solitude. « Elle dit qu'elle se sent terriblement seule, perdue dans cette jungle », a-t-il dit.
Il ajoute que sa « mère n'en peut plus » et les mots qu'elle utilise lui font dire qu'elle ne pourra plus « tenir très longtemps ».
Une médiation qui tourne mal
Jusqu'à la semaine dernière, le président du Venezuela, Hugo Chavez, agissait comme médiateur dans cette affaire à la demande de son homologue colombien, Alvaro Uribe. Il avait été chargé de faciliter l'échange de 45 otages des FARC, dont Mme Betancourt, contre 500 guérilleros emprisonnés par Bogota.
Les relations entre MM. Uribe et Chavez ont tourné au vinaigre après que le premier eut accusé le second de s'être ingéré dans les affaires intérieures de la Colombie en contactant directement le général Mario Montoya, chef de l'armée, ce qui lui avait été interdit.
Le président Nicolas Sarkozy avait immédiatement demandé à Alvaro Uribe de « maintenir le dialogue » avec le président Chavez. La crise s'est toutefois amplifiée depuis, le président Chavez ayant officiellement rompu tout lien avec Bogota, en affirmant qu'il ne les rétablirait pas tant que M. Uribe serait en poste.
Depuis Nice, le président Sarkozy a soutenu que ces preuves « incontestables » allaient encourager le gouvernement français « à redoubler d'efforts pour obtenir sa libération. Je l'ai toujours dit, on ne laissera jamais tomber Ingrid Betancourt. » Il a ajouté que « le but, ce n'est pas d'avoir la preuve qu'elle soit vivante, le but c'est de la libérer ».
La mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, et sa soeur, Astrid, ont dit être « très émues » par les images diffusées par le gouvernement colombien.
Dans une entrevue accordée à RDI, l'ex-mari de Mme Betancourt, Fabrice Delloye, se dit encouragé par cette preuve de vie. Selon lui, les images des otages doivent entraîner un « sursaut de la diplomatie occidentale » afin de les libérer. M. Delloye dit espérer que la lettre de Mme Betancourt, qui sera remise à la famille, en dira davantage sur son état de santé.
Site de la présidence colombienne
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