Les présidents Hugo Chavez et Alvaro Uribe, au moment où M. Chavez était nommé médiateur
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AFP/Rodrigo ARANGUA
Le président colombien, Alvaro Uribe, met fin sans avertissement à la mission de médiation de son homologue vénézuélien, Hugo Chavez, auprès des FARC. Une décision qui a eu l'effet d'une douche froide pour les proches d'Ingrid Betancourt en France.
À la surprise générale, le président colombien met fin à la mission de médiation du président vénézuélien Hugo Chavez parce qu'il n'a pas respecté une des principales demandes de son homologue.
Hugo Chavez était chargé de faciliter l'échange de 45 otages, détenus dans la jungle colombienne, contre 500 guérilleros emprisonnés par Bogota.
Dans un communiqué, Alvaro Uribe invoque une ingérence de Hugo Chavez dans les affaires de l'État. Il lui reproche d'avoir contacté directement le général Mario Montoya, chef de l'armée colombienne, ce qui lui avait été interdit. Le gouvernement Uribe a également mis fin au mandat de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, qui aurait été à l'origine de l'appel téléphonique.
En France, le président Nicolas Sarkozy a demandé à Alvaro Uribe de « maintenir le dialogue » avec le président Chavez. Nommé médiateur en août dans cette affaire, le président vénézuélien s'était déplacé à Paris en début de semaine pour discuter des otages de Colombie avec le président Sarkozy. À la sortie de sa rencontre, Chavez avait déclaré que le chef de la guérilla marxiste colombienne des FARC, Manuel Marulanda, s'était engagé à donner une preuve que l'otage franco-colombien Ingrid Betancourt était toujours en vie.
L'ex-mari d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, a qualifié la situation de dramatique. Les médiateurs Hugo Chavez et Piedad Cordoba étaient « des personnalités incontournables pour arriver dans les prochains mois à un accord humanitaire », a déclaré M. Delloye à France info.
Ingrid Betancourt, une candidate à la présidence colombienne, a été enlevée en février 2002.
Le Venezuela frustré, mais serein
Le Venezuela a réagi diplomatiquement en disant accepter « la décision souveraine » du gouvernement colombien. Caracas a toutefois manifesté sa « frustration étant donné que de cette manière s'achève un processus mené avec fermeté au milieu de grandes difficultés ».
Le ministère des Affaires étrangères vénézuélien a également souligné que ces trois mois de médiation avaient permis « d'importantes avancées qui laissaient entrevoir la possibilité d'une solution à ce drame essentiellement humain ».