
Présidentielle argentine
![]() Photo: AFP/Alejandro Pagni |
En Argentine, 27 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dimanche pour le premier tour de l'élection présidentielle. Pour la première fois, ils ont porté au pouvoir une femme, la péroniste Cristina Fernandez, épouse du président sortant Nestor Kirchner.
Selon des résultats officiels portant sur 96,08 % des suffrages, la première dame obtient 44,8 % des suffrages, contre 22,9 % pour l'ex-députée libérale chrétienne Elisa Carrio et 16,8 % pour l'ancien ministre de l'Économie Roberto Lavagna.
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Selon la loi électorale argentine, un candidat doit obtenir 45 % des suffrages ou 40 % des voix avec au moins 10 % d'écart sur son plus proche rival pour être élu dès le premier tour. |
Dans une déclaration diffusée dimanche soir par les télévisions, la première dame argentine a revendiqué son élection à la présidence argentine. « Nous avons largement gagné », a déclaré la sénatrice péroniste devant ses partisans rassemblés dans un grand hôtel de la capitale argentine.
Cristina Fernandez de Kirchner succédera le 10 décembre à son mari, qui se tenait à ses côtés durant sa déclaration. Son triomphe n'est pas vraiment une surprise pour les Argentins, qui se sont montrés peu enthousiastes à se rendre aux urnes. Tous les sondages lui accordaient une victoire sans équivoque sur les 14 candidats en lice.
Un péroniste de longue date
La sénatrice Cristina Fernandez de Kirchner est engagée en politique sous la bannière du péronisme depuis plus de 20 ans.
![]() Photo: AFP/Daniel Garcia Cristina Krichner et son mari Nestor |
Mme Kirchner a profité de la popularité de son mari Nestor qui, depuis son élection en 2003, a présidé à une reprise spectaculaire de la troisième puissance économique latino-américaine. Après s'être effondrée en 2001-2002, l'économie argentine connaît aujourd'hui une croissance de plus de 8 % par année, soit un taux supérieur à celui de la Chine.
Le noyau dur de son électorat est d'ailleurs recruté parmi les pauvres et la classe ouvrière, qui considèrent que leurs conditions de vie se sont améliorées sous le régime Kirchner. Mais la pauvreté touche encore un quart des 40 millions d'Argentins.
Les détracteurs de Mme Kirchner, que l'on retrouve surtout dans la classe moyenne, ont dénoncé pour leur part le temps qu'elle a passé à l'étranger pour rencontrer des investisseurs et des chefs d'État et le détournement des moyens de l'État à son profit, notamment pour un avion présidentiel. Ils ont également évoqué une dérive autoritaro-dynastique, entre elle et son époux Nestor.
Enfin, son goût prononcé pour les vêtements de marque et le maquillage, à l'instar d'Eva Perron, icône de la politique argentine, alimente aussi les critiques. Mais Mme Kirchner a pris le parti d'assumer sa coquetterie. « Est-ce que je dois me déguiser en pauvre pour être une bonne dirigeante politique? » a-t-elle déclaré cette semaine dans l'une des très rares entrevues accordées à la presse depuis 2003.
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Des femmes au pouvoir en Amérique latine
À 54 ans, Cristina Fernandez de Kirchner devient la première femme à être élue à la présidence de l'Argentine, mais pas la première chef d'État. |