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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le mercredi 24 octobre 2007 à 23 h 17
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Mission en Afghanistan

L'OTAN s'engage à faire plus

Le ministre de la Défense du Canada, Peter MacKay, à son arrivée aux Pays-Bas.

Photo: La Presse Canadienne /Virginia Mayo

Le ministre de la Défense du Canada, Peter MacKay, à son arrivée aux Pays-Bas.

Le Canada, qui demande depuis au moins un an à ses partenaires de l'OTAN d'envoyer davantage de troupes en Afghanistan, a de nouveau exigé plus d'efforts de ceux-ci lors d'une réunion de l'organisation qui se tient jusqu'à jeudi, à Noordwijk, aux Pays-Bas.

Le ministre de la Défense du Canada, Peter MacKay, s'est entretenu directement de la question avec ses homologues des autres pays, notamment de la France.

Les doléances canadiennes semblent avoir rapporté, puisque plusieurs pays ont signifié leur intention d'accentuer leurs efforts en Afghanistan. Selon des diplomates sur place, au moins 9 des 26 pays membres de l'OTAN se sont dit d'accord pour envoyer de nouvelles troupes. Le tout devrait être confirmé lors d'une prochaine réunion au quartier général militaire de l'OTAN, en Belgique.

La nouvelle serait d'autant plus encourageante que plusieurs pays auraient décidé d'envoyer plus de troupes dans le sud du pays, là où la situation est la plus dangereuse.

La France, qui refusait que ses soldats soient déployés dans le sud de l'Afghanistan, s'est engagée à envoyer 200 instructeurs supplémentaires pour aider à former l'armée afghane à Kaboul, mais aussi dans la province d'Oruzgan, plus au sud.

L'Allemagne, un autre pays visé par le Canada pour en faire davantage, devrait faire connaître ses intentions jeudi. Berlin serait toutefois disposé à augmenter sa présence. Le Canada lui demande d'envoyer des instructeurs et des hélicoptères dans la province de Kandahar.

afghanistan-otan

Soldats de l'OTAN en Afghanistan.

L'envoi d'hélicoptères aurait notamment pour effet de limiter les déplacements de convoi des Forces canadiennes. C'est un élément important puisque les Forces canadiennes subissent l'essentiel de leurs pertes lorsque des véhicules sautent sur des engins artisanaux.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, devrait aussi lancer l'idée d'une rotation des troupes des pays membres dans le sud du pays, où les attaques des talibans sont monnaie courante et les morts de soldats plus nombreuses. Il n'est toutefois pas encore question de déposer un plan concret en ce sens.

Devant les avançées de mercredi, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a dit que la journée avait été plus positive que ce qu'il attendait. Il a cependant pris soin d'ajouter qu'il n'était pas entièrement satisfait et que les pays devaient maintenant respecter leurs promesses.

Une question d'échéancier

Jusqu'à présent, les nombreux appels au renfort pour le sud de l'Afghanistan étaient demeurés lettre morte. Le possible retrait des troupes canadiennes et néerlandaises pourrait toutefois avoir changé la donne.

Militaires canadiens (archives)

Photo: AFP/SHAH Marai

Militaires canadiens en Afghanistan (archives)

Aux Pays-Bas, la pression publique est forte pour que le mandat des 1700 soldats ne soit pas prolongé au-delà d'août 2008. « La population a l'impression d'avoir été trompée étant donné que le but de la mission est passé de la reconstruction du pays à la guerre contre les talibans », explique le député socialiste néerlandais Harry Von Bommel.

L'engagement canadien se poursuivra pour sa part jusqu'en février 2009. Le gouvernement conservateur veut prolonger la mission jusqu'en 2011, mais les partis d'opposition préconisent plutôt un retrait complet des troupes. En attendant que le débat se fasse à la Chambre des communes, le ministre canadien de la Défense ne pourra s'avancer davantage lors de la rencontre de Noordwijk.

Malgré le possible retrait des troupes canadiennes et néerlandaises, personne n'a offert de prendre la relève, ce qui fait craindre un effondrement de la mission de l'OTAN dans le sud de l'Afghanistan. Plusieurs pays européens, comme la France, l'Espagne et l'Italie refusent catégoriquement de se déployer dans le sud de l'Afghanistan.


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