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Nouvelle du 8 octobre

Milice en Irak
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Nouvelle du 8 octobre
![]() Photo: AFP/Ali Yussef |
Les autorités irakiennes condamnent l'assassinat de deux femmes par des gardes appartenant à la société de sécurité privée Unity Resources Group, mardi, à Bagdad.
Les employés de URG, une firme gérée par des Australiens depuis Dubaï, dans les Émirats Arabes unis, ont ouvert le feu sur la voiture des victimes avant de prendre la fuite.
L'incident survient moins d'un mois après qu'une fusillade meurtrière impliquant l'entreprise américaine Blackwater eut fait 17 victimes et créé un sérieux froid entre Washington et le gouvernement irakien.
« Ils ont ouvert le feu délibérément, visant un véhicule Oldsmobile conduit par une femme. L'incident a fait de ces deux femmes des martyrs », a déclaré à l'agence Reuters le responsable de la sécurité à Bagdad, le général Qassim Mussawi.
Le général Mussawi soutient que les autorités irakiennes enquêtent sur l'accident. Il invite d'ores et déjà les parents des deux victimes à poursuivre URG.
Les gardes de sécurité employés par URG travaillent notamment pour la firme américaine RTI International, qui participe aux projets de gouvernance en Irak pour le compte de USAID, une agence gouvernementale liée au département d'État. Aucun employé de RTI n'était toutefois à bord du convoi impliqué dans l'accident de mardi.
URG s'excuse
Unity Resources Group a présenté ses excuses pour l'accident, qui s'est produit près de ses bureaux dans le quartier de Karradah. Dans un communiqué, URG indique: « selon la première information dont nous disposons, notre équipe de sécurité a été approchée à grande vitesse par un véhicule qui ne s'est pas arrêté malgré des avertissements croissants ».
Selon un policier qui a été témoin de la scène, les gardes de Unity ont sommé la voiture des deux victimes de s'arrêter en lançant des fumigènes. Mais le véhicule ne s'est pas arrêté et les hommes ont ouvert le feu. Outre les deux femmes assises à l'avant qui ont été tuées, deux autres personnes assises à l'arrière ont été blessées.
« Nous regrettons profondément cet incident et nous continuerons à divulguer davantage d'informations lorsque les faits auront été vérifiés et que les personnes et les autorités nécessaires informées », peut-on lire dans le communiqué diffusé par le responsable des opérations de la société de sécurité, Michael Priddin.
Blackwater dans l'embarras
Les firmes de sécurité privées opérant en Irak sont sur la sellette depuis que des agents de Blackwater ont tué par balle 17 civils irakiens à Bagdad le 16 septembre dernier. L'entreprise américaine, qui est chargée de la protection des diplomates américains en Irak, a expliqué que ses gardes avaient agi en état de légitime défense.
Mais selon le rapport d'enquête commandé par le gouvernement irakien, aucune preuve ne confirme que les agents de Blackwater ont dû essuyer des tirs, directs ou indirects, avant qu'ils n'ouvrent le feu sur les civils.
Bagdad envisage désormais de poursuivre les agents de Blackwater impliqués dans cette fusillade, réclame 136 millions de dollars en dédommagements pour les familles des victimes et demande aux États-Unis de mettre fin aux contrats de cette société privée sur son territoire.
Sur le terrain, les violences continuent. Pour la seule journée de mardi, au moins 33 personnes ont été tuées et 120 autres ont été blessées. Plusieurs attaques ont visé des responsables impliqués dans la lutte contre Al-Qaïda dans le nord du pays.