L'Irak n'a pas dit son dernier mot

Des employés de Blackwater assurent la sécurité de l'ambassadeur américain en Irak. Des employés de Blackwater assurent la sécurité de l'ambassadeur américain en Irak.   © AP Photo/Jacob Silberberg

Les dernières bavures de Blackwater en Irak continuent de susciter de vives réactions.

Bagdad envisage de poursuivre les agents de Blackwater impliqués dans une fusillade mortelle, réclame 136 millions de dollars en dédommagements et demande aux États-Unis de mettre fin aux contrats de cette société privée sur son territoire.

Selon l'Associated Press, les autorités irakiennes demandent désormais aux États-Unis de mettre fin à tous les contrats de cette société privée de sécurité sur son territoire. En outre, Bagdad réclame des indemnisations de huit millions de dollars par victime, pour un montant total de 136 millions.

Des agents de Blackwater sont accusés d'avoir tué délibérément 17 Irakiens et d'avoir blessé 23 autres lors d'une fusillade survenue le 16 septembre sur la place Nisoor, la plus importante de la capitale irakienne. Les victimes étaient toutes des civils.

Ce bilan, différent des estimations précédentes faisant état de 11 morts, a été fourni par un rapport d'enquête commandé par le premier ministre, Nouri Al-Maliki, à son ministre de la Défense et à d'autres responsables militaires et policiers.

Selon le rapport d'enquête, des agents de sécurité de Blackwater, qui escortaient un convoi à bord de quatre véhicules, ont ouvert le feu sans qu'aucune preuve vienne confirmer qu'ils ont essuyé auparavant des tirs, directs ou indirects.

Juger les responsables

Toujours selon l'Associated Press, les autorités irakiennes demandent aussi aux États-Unis de remettre les employés de Blackwater impliqués dans la fusillade à la justice irakienne, qui pourrait décider de poursuites à leur encontre. Ce faisant, l'Irak veut en finir avec l'impunité judiciaire dont jouissent les personnes chargées de la protection des diplomates, comme ceux de Blackwater.

Membres de l'agence de sécurité Blackwater Membres de l'agence de sécurité Blackwater   © AFP/Patrick Baz

Les forces d'occupation américaines en Irak ont en effet obtenu du gouvernement irakien l'introduction d'une disposition juridique spéciale qui fait en sorte que les soldats opérant sous leur commandement, que ce soit des soldats américains ou des mercenaires sous contrat, ne peuvent être poursuivis par Bagdad pour des crimes commis dans ce pays.

La polémique s'est étendue aux États-Unis où le patron de Blackwater, Erik Prince, a dû s'expliquer devant les congressistes, affirmant que ses employés n'ont fait que se défendre. Des enquêtes ont été lancées au Congrès, et le FBI a repris la semaine dernière une enquête dirigée précédemment par le département d'État.

Blackwater n'en est pas à sa première bavure, puisqu'elle a été déjà impliquée dans six autres affaires où des décès ont été enregistrés.

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