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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le mardi 9 octobre 2007 à 10 h 27
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Che Guevara

Le mythe est toujours vivant

Des étudiants cubains à la cérémonie soulignant le 40e anniversaire de la mort d'Ernesto Che Guevara, à Santa Clara.

Photo: La Presse Canadienne /Efe Out

Quarante ans après sa mort, le légendaire guérillero argentin Ernesto Che Guevara, dont la photo au béret frappé d'une étoile est connue dans le monde entier, fait toujours parler de lui.

Les plus importantes cérémonies pour honorer sa mémoire ont eu lieu à Cuba. Les festivités se sont déroulées à la place de la Révolution de Santa Clara, à l'est de La Havane, une ville qu'il avait conquise en 1958 lors d'une bataille décisive contre la dictature de Fulgencio Batista. Il avait ainsi ouvert les portes de La Havane à Fidel Castro et ses troupes révolutionnaires qui y pénétrèrent triomphalement en janvier 1959.

Un discours du Lider Maximo, toujours en convalescence, a été lu par son frère et président par intérim Raul Castro. Fidel Castro a salué « la grandeur du combat quotidien » du Che et a dit « incliner [son] front, avec respect et gratitude devant le combattant exceptionnel [...]. »

Raul Castro salue Aleida Guevara, la fille du Che

Photo: AP Photo/Javier Galeano

Raul Castro salue Aleida Guevara, la fille du Che

Raul Castro a également salué la veuve du Che, Aleida March, âgée aujourd'hui de 71 ans, ainsi que leurs quatre enfants.

Fait marquant de ces cérémonies: la diffusion du message radiophonique du 3 octobre 1965 et dans lequel Castro avait dévoilé aux Cubains la lettre qu'il a reçue de Che Guevara. Ce dernier l'informait de son renoncement à la citoyenneté cubaine, octroyée en 1959, et de sa décision de quitter l'île communiste pour porter ailleurs le combat insurrectionnel, en Afrique notamment.

Les restes du « guérillero héroïque », qui étaient enterrés en Bolivie, ont été transférés en 1997 à Santa Clara où une immense statue de bronze est érigée à sa mémoire.

Le quarantième anniversaire de la mort du révolutionnaire a été également célébré en Bolivie où a été capturé et exécuté le Che, le 9 octobre 1967. Le président Evo Morales a rendu hommage à Che Guevara, tout en pourfendant le « capitalisme sauvage et inhumain ».

« Le Che continue de vivre pour toujours. La lutte héroïque du Che [...] continuera jusqu'au changement des modèles économiques, je veux parler du capitalisme sauvage et inhumain », a déclaré M. Morales à Vallegrande, où les restes du Che ont été retrouvés en 1997.

L'Argentine natale prépare pour sa part une nouvelle statue de son héros, tandis que le Venezuela a organisé un festival d'art et de musique en son honneur. À Mexico, des étudiants ont peint de gigantesques portraits du Che dans le métro.

Un mythe est toujours vivant

Le photographe cubain Alberto Diaz Gutierrez, plus connu sous le nom de Korda, exhibe son célèbre portrait d'Ernesto Che Guevara.

Photo: AFP/Keystone Archives/DSK

Tout le monde connaît la célèbre posture du Che, le regard perçant, cheveux au vent et coiffé d'un béret décoré d'une étoile, immortalisé par Alberto Korda en 1960. La célèbre photo du révolutionnaire est devenue aussi un fonds de commerce. Chandails et autres objets à l'effigie du Che sont vendus partout dans le monde.

Signe que l'image du Che rapporte toujours, Gustavo Villoldo, un exilé cubain et ancien agent de la CIA établi en Floride, mettra bientôt en vente, aux enchères, une mèche de cheveux qu'il affirme avoir prélevée sur la tête du rebelle mort en Bolivie.

Che Guevara continue aussi d'inspirer ferveur et polémique. Outre Fidel Castro qui lui voue une infinie admiration, le président vénézuélien Hugo Chavez estime que le Che reste « un exemple » pour les jeunes gens d'Amérique latine qui se battent pour un « meilleur avenir ».

Après son départ de Cuba, le légendaire homme s'est rendu en Afrique, notamment au Congo, pour y mener la révolution, avant de s'installer en Bolivie où il a été tué par des soldats boliviens à l'instigation de la CIA.

Quarante ans plus tard, la polémique sur son exécution refait surface. Le général bolivien à la retraite qui a capturé Che Guevara, Gary Prado, soutient que l'ordre de le tuer n'est pas venu des agents de la CIA participant à l'opération, mais du président bolivien, qui voulait ainsi éviter la publicité d'un procès.

Le Che n'a pas que des admirateurs. Il compte aussi des ennemis cubains vivant surtout en exil et qui soutiennent qu'une fois au pouvoir, l'homme aujourd'hui idolâtré a supervisé les tribunaux militaires et les exécutions de centaines de personnes liées à la dictature renversée de Fulgencio Batista.


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