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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le dimanche 16 septembre 2007 à 11 h 46
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Mémoires

Greenspan écorche les républicains

Alan Greenspan

Photo: AFP/TOBY MELVILLE

Alan Greenspan (archives)

L'ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, vide son sac.

Dans son livre à paraître lundi, il reproche au président George W. Bush et aux membres républicains du Congrès de faire passer la politique avant l'économie et d'avoir abandonné la discipline fiscale.

« À ma grande déception, l'élaboration de la politique économique est restée cantonnée entre les mains du personnel de la Maison-Blanche. [...] Peu d'importance a été accordée à un débat sur une politique économique rigoureuse ou à l'étude des conséquences à long terme », écrit M. Greenspan dans ses mémoires, intitulés The Age of Turbulence: Adventures in a New World.

M. Greenspan se dit surpris que le président américain n'ait pas rempli ses promesses électorales de gestion responsable des dépenses publiques. Après plusieurs années d'excédent budgétaire fédéral, les baisses d'impôts et les dépenses consacrées à l'armée et à la santé ne manquaient pas de réalisme en 2000, dit-il, mais sont devenues inappropriées lorsque des déficits sont réapparus en 2002.

Greenspan révèle qu'il a exhorté M. Bush, en vain, d'opposer son veto à une série de dépenses « incontrôlées », mais que le président voulait éviter de heurter de front la classe politique républicaine.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2001, l'administration Bush a diminué les impôts et augmenté les dépenses, notamment pour financer la lutte contre le terrorisme.

Soulignons que l'ancien président de la Réserve fédérale américaine a été critiqué pour avoir soutenu devant le Congrès un projet de réduction d'impôts de M. Bush, en janvier 2001.

Les républicains méritaient de perdre

Dans son livre, l'ancien président de la Fed ne ménage pas le Parti républicain, dont il est lui-même membre. Pour Alan Greenspan, les élus républicains ont causé leur propre défaite de 2006 en abandonnant la prudence fiscale. « Les républicains du Congrès [...] ont renoncé aux principes pour le pouvoir. Et ils ont fini par perdre les deux. Ils méritaient de perdre », écrit-il.

M. Greenspan en profite au passage pour dénoncer la guerre en Irak. « Cela m'attriste qu'il soit politiquement importun de reconnaître ce que chacun sait: la guerre en Irak est largement une question de pétrole. »

Cette affirmation a été démentie dès dimanche par le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates. Il a martelé que l'invasion de l'Irak avait pour but de déloger Saddam Hussein, « une force de déstabilisation » dans le golfe Persique, selon lui. « C'est vraiment une question de stabilité dans le Golfe, d'États-voyous qui essaient de développer des armes de destruction massive, de dictateurs brutaux », a déclaré M. Gates sur les ondes de la chaîne ABC.

Des réflexions et des prédictions

Même s'il n'est plus président de la Fed, Alan Greenspan se sert toujours de sa boule de cristal. Selon lui, la Banque centrale américaine pourrait devoir fortement augmenter les taux d'intérêt au cours des prochaines années si elle veut maintenir le taux d'inflation entre 1 et 2 %.

Si, au contraire, la Fed cède aux pressions politiques en faveur du maintien à la baisse des taux d'intérêt, l'inflation pourrait grimper à 4 ou 5 % d'ici 2030, estime-t-il.

S'il demeure une figure populaire, M. Greenspan, aujourd'hui âgé de 81 ans, a perdu un peu de son aura en fin de mandat. Plusieurs quotidiens américains l'accusent d'avoir provoqué l'actuelle crise du crédit immobilier en fermant les yeux sur les pratiques douteuses des sociétés de crédit hypothécaires.

Alan Greenspan a régné sur la Réserve fédérale de 1987 à 2006.


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