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États-Unis
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![]() Photo: La Presse Canadienne /Alan Diaz Jose Padilla lors de son transfert à Miami, en janvier 2006 |
Une longue bataille judiciaire qui aura duré cinq ans a connu son dénouement, aux États-Unis, jeudi.
Jose Padilla a été reconnu coupable de s'être joint au réseau Al-Qaïda en vue de préparer des attentats terroristes.
Après trois mois d'audience, un jury de Miami n'a eu besoin que d'un peu plus de 24 heures de délibérations pour parvenir à un verdict. Padilla, 36 ans, et deux coaccusés, Kifah Wael Jayyousi, 45 ans, et Adham Amin Hassoun, 44 ans, ont été reconnus coupables de plusieurs chefs, dont complot en vue de meurtres, d'enlèvements et de blessures et de soutien matériel à des activités terroristes.
Une saga politico-judiciaire
Citoyen américain d'origine portoricaine, Jose Padilla a été membre d'un gang hispanique de Chicago, avant de se convertir à l'islam en prison. Il a par la suite rencontré ses deux coaccusés en Floride. Ceux-ci l'ont aidé à aller étudier en Égypte, où il s'est marié et a eu deux enfants. Son périple au Moyen-Orient l'a également conduit en Afghanistan, au Pakistan et en Irak.
![]() Padilla a pris le nom d'Abdullah al-Muhajir après sa conversion à l'islam. |
Il est arrêté à son retour aux États-Unis, en mai 2002. Les autorités le soupçonnent de vouloir perpétrer un attentat à la bombe sale, soit un engin explosif contenant des matières radioactives.
Ces accusations mènent à son incarcération dans une prison militaire et à l'isolement absolu, sur ordre direct du président George W. Bush. Pendant trois ans, les tribunaux s'affaireront à déterminer si le président pouvait ainsi ordonner la détention illimitée et sans inculpation d'un citoyen américain. En novembre 2005, Washington décidait de lâcher prise et de remettre Padilla à la justice fédérale, laissant du même coup tomber toute mention d'une bombe sale.
L'administration Bush a salué le verdict rendu jeudi, remerciant le jury d'avoir « soutenu le principe fondamental américain d'une justice impartiale pour tous ».
Les avocats de Padilla ont pour leur part estimé qu'il s'agissait d'un procès purement politique. Selon eux, l'accusation a exploité la peur du terrorisme pour obtenir une condamnation justifiant le traitement infligé à leur client. Ils n'ont pas commenté le verdict, mais pourraient porter la cause en appel.
Padilla et ses deux coaccusés connaîtront leur sentence le 5 décembre. Ils risquent la prison à vie.