Haro sur les Gardiens de la révolution

Le président iranien décore le commandant qui a capturé les marins britanniques. Le président iranien décorant le commandant des Pasdaran qui a capturé les marins britanniques.   © AFP/Atta Kenare

Le département d'État américain s'apprêterait à placer les Gardiens de la révolution iranienne sur sa liste des organisations terroristes, rapportent mercredi le New York Times et le Washington Post.

L'unité militaire iranienne serait sur le point d'être ajoutée à la liste des organisations terroristes du département d'État américain. Cette désignation permettrait d'exercer une pression économique sur son réseau d'entreprises.

Citant des sources près de l'administration Bush, les deux grands quotidiens indiquent que cette désignation pourrait survenir le mois prochain. Les Gardiens de la révolution deviendraient ainsi la première unité militaire gouvernementale à y être inscrite.

Les deux journaux indiquent que le geste témoigne d'une volonté de l'Administration Bush d'adopter une ligne plus dure envers la République islamique, après avoir plutôt donné une chance à la diplomatie dans ce dossier.

Les États-Unis, disent-ils, sont insatisfaits de la tournure des évènements aux Nations unies, où la volonté américaine d'imposer de nouvelles sanctions à l'Iran en raison de ses ambitions nucléaires se heurte à la volonté des autres membres du Conseil de sécurité.

Les Gardiens de la révolution sont une unité militaire distincte de l'armée iranienne qui dispose de ses propres forces terrestres, navales et aériennes. Ils dépendent directement du Guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei.

Leur effectif officiel n'est pas connu. Plusieurs centres d'études internationales évaluent leur nombre à environ 120 000 hommes, mais certains, dont le réputé Institut international des études stratégiques de Londres, croient qu'ils en comptent 350 000.

Les Gardiens de la révolution, aussi connus sous le nom de Pasdaran, sont également responsables des forces spéciales al-Quds, soupçonnées d'appuyer des groupes extrémistes chiites en Irak, des miliciens islamistes du Hezbollah libanais, du Hamas et du Djihad islamique.

Leur désignation en tant qu'organisation terroriste permettrait aux États-Unis de s'attaquer au réseau d'entreprises qui leur est affilié. Ce réseau serait en forte croissance depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre Mahmoud Ahmadinejad, qui est issu de leurs rangs.

L'ordre exécutif en vertu duquel une organisation est désignée terroriste prévoit le gel des avoirs que pourrait posséder cette organisation aux États-Unis. Elle accorde également le pouvoir à l'Administration américaine de perturber les opérations de toute firme qui entretient des liens avec cette organisation.

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