Irene Morgan Kirkaldy, photographiée en 2000
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PC/AP/Kyndell Harkness
Une figure marquante de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, Irene Morgan Kirkaldy, est morte vendredi à l'âge de 90 ans.
Irene Morgan Kirkaldy, qui avait refusé de céder sa place à un Blanc dans un autobus en 1944, meurt à 90 ans. Son geste avait ouvert la voie à une autre icône des droits civiques, Rosa Parks.
En 1944, Mme Kirkaldy avait refusé de céder sa place à un Blanc dans un autobus de la compagnie Greyhound faisant la liaison entre Gloucester, en Virginie, et Baltimore, au Maryland. La femme de 27 ans avait alors été arrêtée pour ce refus et condamnée à une amende de 100 $US.
Mais en 1946, la Cour suprême des États-Unis s'était penchée sur l'affaire et avait donné raison à Mme Kirkaldy. Le plus haut tribunal des États-Unis avait statué que la loi de l'État de Virginie obligeant une séparation des races dans les autobus faisant des trajets entre différents États était illégale.
Le jugement de la Cour suprême n'a cependant pas été appliqué dans toutes les compagnies d'autobus ni dans tous les États, et le cas de Mme Kirkaldy avait quelque peu sombré dans l'oubli.
Ce n'est qu'une décennie plus tard, dans l'ébullition des années 50, que le geste de Mme Kirkaldy et la décision de la Cour suprême ont véritablement eu des échos et ouvert la voie au mouvement des droits civiques aux États-Unis. Ils ont notamment donné l'exemple à une autre icône de la lutte pour les droits civiques, Rosa Parks. En 1955, Mme Parks avait elle aussi refusé de céder son siège à un Blanc dans un autobus de Montgomery, en Alabama.
Ce geste avait galvanisé tout le mouvement pour les droits civiques aux États-Unis. Un jeune pasteur noir, Martin Luther King, avait alors lancé une campagne de protestation et de boycottage contre la société de transport, qui a duré 381 jours. Le 13 novembre 1956, la Cour suprême des États-Unis a cassé les lois ségrégationnistes de Montgomery, ce qui a mené, à terme, à la fin de la ségrégation raciale aux États-Unis.