Imprimer cette page

Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le dimanche 29 juillet 2007 à 11 h 06
Envoyer à un ami

Japon

Une gifle pour Shinzo Abe

Le premier ministre japonais Shinzo Abe après la défaite de sa coalition aux élections sénatoriales

Photo: AFP/Kazuhiro Nogi

Shinzo Abe n'a pu que constater la défaite de sa formation.

Le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, a refusé d'envisager une démission ou la dissolution de son gouvernement de coalition, dimanche, à la suite de la défaite annoncée des conservateurs lors des élections sénatoriales.

« La construction du pays a juste commencé. Je voudrais poursuivre ma tâche et lancer les réformes en tant que premier ministre, a déclaré le premier ministre Abe en conférence de presse. Je dois accepter la sincérité de la voix du peuple. » M. Abe n'a toutefois pas exclu de procéder à un remaniement ministériel, qui aura vraisemblablement lieu à la fin août.

De son côté, le secrétaire général du Parti libéral démocrate (PLD), formation de M. Abe, a estimé que le résultat n'était pas un échec des politiques du premier ministre. « Je ne pense pas que les Japonais [...] ont rejeté les orientations de son programme telles que promouvoir la croissance, la décentralisation et le débat national sur la Constitution », a-t-il dit.

Du côté du grand gagnant du scrutin, le Parti démocrate du Japon (PDJ), on célébrait ce verdict. « Nous nous sommes rendus compte à quel point l'insatisfaction du peuple était forte, a commenté le secrétaire général du parti, Yukioi Hatoyama. Les gens fondent beaucoup d'espoirs sur nous. »

Des résultats sans équivoque

Vote aux élections sénatoriales japonaises

Photo: AFP/Yoshikazu Tsuno

Plus de 100 millions d'électeurs japonais ont choisi le changement, dimanche, lors du scrutin visant à renouveler la moitié de leurs 242 représentants au Sénat.

Selon le décompte final des bulletins, rapporté lundi matin par l'agence de presse Kyodo News, le Parti démocrate du Japon (PDJ), principal parti d'opposition, a fait une progression spectaculaire en remportant 60 des 121 sièges en jeu. Il n'en détenait que 32 avant le scrutin.

De son côté, la coalition conservatrice du premier ministre Shinzo Abe aurait récolté 37 sièges de la Chambre haute. Contrairement à la Chambre des députés, où elle est bien représentée, la coalition du Parti libéral démocrate (PLD) et du petit parti bouddhiste Nouveau Komeito ne détenait que 10 sièges de majorité au Sénat avant l'élection partielle. Le PLD a dirigé le pays presque sans interruption depuis 1955.

Le chef de l'opposition, Ichiro Ozawa, a donc gagné son pari en mettant l'accent sur les faiblesses de son adversaire durant sa campagne, tout en courtisant les régions rurales, pourtant des bastions traditionnels de la droite.

Dix mois houleux

Devenu en septembre 2006 le plus jeune premier ministre japonais de l'après-guerre, à l'âge de 52 ans, M. Abe avait déjà frappé un mur d'indifférence, voire d'hostilité, de la population avec son programme très idéologique. Considéré comme un faucon, partisan de l'alliance avec les États-Unis, il a lancé un processus de révision de la Constitution pacifiste de 1947.

Toutefois, la population japonaise semble plus préoccupée par les questions d'emploi, de bien-être économique et du vieillissement de la population.

Le manque d'expérience et d'autorité du premier ministre Abe a surtout été mis en évidence par une série d'erreurs et de scandales financiers. Un énorme fiasco a notamment été révélé dans la gestion du système de sécurité sociale, lorsque 50 millions de dossiers de cotisants sont devenus inutilisables.

En décembre dernier, un proche de Shinzo Abe a dû démissionner pour une affaire de moeurs, suivi peu après par le secrétaire d'État pour les Réformes administratives, accusé de corruption. En février, le ministre de la Santé, Hakuo Yanagisawa, a qualifié les femmes de « machines à faire des enfants ». La déclaration a provoqué un tollé et a obligé le premier ministre à prendre sa défense.

En mai, le ministre de l'Agriculture, Toshikatsu Matsuoka, s'est suicidé après avoir été accusé de corruption. Enfin, en juillet, le ministre de la Défense, Fumio Kyuma, a été accusé d'avoir justifié les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, durant la Deuxième Guerre mondiale, et a démissionné.


En profondeur


Les nouveaux visages de l'Europe

Les nouveaux visages de l'Europe

Le Belge Herman Van Rompuy devient président de l'UE et la Britannique Catherine Ashton Haut représentant aux affaires étrangères.


Paris-New-York en A380

Paris-New-York en A380

Graphique interactif sur cet airbus dont le vol inaugural joint Paris à New-York.


Émissions d'information