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Nouvelle du 23 juillet 2007
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Victoire de l'AKP en Turquie
![]() Photo: AFP/Adem Altan Des électeurs à Ankara devant un bureau de scrutin |
Les journaux européens ont commenté abondamment la victoire du parti islamiste AKP du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Mais leurs commentaires ne vont pas tous dans le même sens.
Pour le quotidien vespéral français Le Monde, « la nette victoire de l'AKP permet aussi de tenir en lisière au Parlement les ''Loups gris'', ultranationalistes du Parti du mouvement national ». Sur la question kurde, Le Monde estime que les résultats obtenus par l'AKP « devraient renforcer M. Erdogan dans son opposition à toute aventure militaire dans le nord de l'Irak, un scénario prôné par des généraux et la plupart des médias turcs au point d'apparaître inévitable ».
Par ailleurs, le quotidien français conseille aux opposants européens aux négociations avec la Turquie de « mettre en sourdine leurs déclarations de rejet », mais insiste sur la nécessité du respect de « la volonté de réformes et d'avancées démocratiques des Turcs ».
De son côté, le quotidien Libération, qui qualifie le premier ministre Erdogan « d'islamiste mutant », estime que la victoire des islamistes est empoisonnée, car ils n'ont pas pu obtenir la majorité absolue. De ce fait, ils ne pourront pas faire passer leur candidat à la présidence.
Cette situation, selon le journal belge Le Soir, pourrait conduire le chef du gouvernement turc à « mettre de l'eau dans son vin » et à « proposer un candidat » à la présidence « acceptable aux yeux d'une partie de l'opposition ».
Le journal espagnol ABC estime pour sa part que « la société turque s'est exprimée avec clarté », mais le parti du premier ministre n'est pas parvenu à obtenir « le grand ouragan électoral » souhaité pour débloquer la crise institutionnelle.
En Italie, La Stampa et le Corriere della Sera titrent tous les deux sur « le triomphe de l'islam modéré », se félicitent des engagements de M. Erdogan à « respecter la laïcité et la démocratie », mais s'inquiètent du poids de la droite nationaliste. De son côté, le journal italien La Repubblica insiste sur l'importance pour l'Union européenne d'éviter à la Turquie les « humiliations gratuites » et les positions fermées sur la question de l'adhésion à l'Union européenne.
« Le gouvernement devra faire preuve d'autodiscipline et de tact » pour ne pas susciter les foudres de l'armée, avertit pour sa part le journal autrichien Kurier, et ce, malgré le « non clair aux militaires » qu'évoque le journal néerlandais De Volkskrant.
Allant dans le même sens, le quotidien grec Eleftherotypia estime que les électeurs ont infligé « une gifle à l'armée et à l'establishment kémaliste » - en référence au fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Atatürk -, mais le chef du gouvernement « est conduit au compromis pour maintenir les équilibres », selon le journal.
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