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Législatives turques
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Nouvelle du 28 avril
![]() Photo: AFP/GALI TIBBON Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan |
En Turquie, le Parti de la justice et du développement (AKP) du premier ministre sortant est reporté au pouvoir avec une majorité relative de sièges au Parlement, selon des résultats non officiels des élections législatives de dimanche diffusés par l'agence de presse Anatolie.
Le parti de Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste, obtient plus de 46 % des voix, loin devant ses plus proches rivaux, ce qui lui permettra de continuer à dominer le Parlement. Toutefois, il ne détiendra pas les deux tiers des sièges, seuil minimal pour une majorité absolue et un plein contrôle du Parlement.
M. Erdogan a salué ces résultats, les qualifiant de « victoire importante pour la démocratie ». Il a lancé un appel à l'unité des citoyens et a promis de respecter les « principes fondateurs » du pays, avec en premier chef la laïcité, prenant ainsi acte de la force relative de l'opposition.
Le CHP de centre gauche et le MHP ultranationaliste recueillent respectivement 21 % et 14 % des voix, soit plus que les 10 % nécessaires, aux termes de la loi turque, pour être représentés au Parlement.
Quelque 42 millions de Turcs étaient appelés aux urnes, dimanche, pour choisir leur prochain gouvernement.
La commission électorale a estimé à environ 80 % le taux de participation.
Résultat sans surprise
![]() Photo: AFP/Hocine Zaourar |
Le premier ministre Erdogan avait averti, lors de la campagne, qu'il quitterait la politique si l'AKP n'était pas en mesure de gouverner seul, comme il l'a fait depuis son arrivée au pouvoir aux dernières législatives de 2002.
Lors de la campagne électorale, l'AKP a mis l'accent sur un bilan marqué par une forte croissance économique, une amélioration du niveau de vie et une baisse de l'inflation.
De son côté, le Parti républicain du peuple (CHP), formation laïque et sociale-démocrate, a fait campagne sur le thème de la sécurité et dénoncé l'indulgence du gouvernement devant la montée des violences séparatistes kurdes dans le sud-est du pays.
Le CHP demande au gouvernement de mener une incursion militaire dans le nord de l'Irak pour neutraliser les bases arrière des rebelles kurdes, ce qui inquiète de plus en plus les autorités américaines.
Le CHP a aussi joué sur le passé islamiste du premier ministre sortant, l'accusant de vouloir islamiser l'État.
Il faudra par ailleurs attendre les résultats complets pour connaître le nombre de députés pro-kurdes qui auront réussi à se faire élire comme indépendants.
Plusieurs politiciens kurdes ont choisi cette étiquette pour échapper au barrage des 10 % de voix au niveau national, nécessaires à un parti pour entrer au Parlement. Les Kurdes, qui vivent en majorité dans le sud-est du pays, représentent environ 20 % de la population turque.
La laïcité, enjeu central de ces élections anticipées
La question de la laïcité a été le détonateur de la crise qu'a connue le pays au printemps, lorsque l'AKP a tenté d'imposer au Parlement l'élection de son candidat à la présidentielle, le chef de la diplomatie et ancienne figure de l'islamisme turc Abdullah Gül. Après l'annulation du premier tour de la présidentielle par la Cour constitutionnelle, le 1er mai, et pour sortir de l'impasse, M. Erdogan avait décidé de convoquer des élections législatives anticipées.
Pour le camp laïc, le poste de président est considéré comme un bouclier contre l'islamisation. Les laïcs, au premier rang desquels figure l'élite de l'armée et de la magistrature, affirment qu'Erdogan veut imposer en Turquie une théocratie de type iranien. L'armée, qui a fait tomber quatre gouvernements depuis 1960, a lancé une mise en garde contre toute remise en cause du principe de laïcité.
Pour montrer sa bonne foi, le parti de M. Erdogan a renoncé à présenter certains candidats islamistes et les a remplacés par des femmes et des centristes.
Le nouveau Parlement devra désigner rapidement un nouveau président, le mandat de l'actuel chef de l'État, Ahmet Necdet Sezer, ayant expiré le 16 mai.