Recep Tayyip Erdogan, s'adressant aux députés de l'AKP (archives)
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C'est dimanche prochain qu'aura lieu le scrutin pour élire une nouvelle Chambre législative en Turquie. Les sondages montrent que l'AKP, l'actuel parti islamiste modéré au pouvoir, devrait remporter une victoire convaincante.
Le scrutin de dimanche, convoqué par l'AKP, le parti islamiste au pouvoir, vise à mettre fin à une crise qui oppose les islamistes et les partisans de la laïcité de l'État turc.
L'élection législative devait avoir lieu en novembre, mais le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a décidé de l'avancer pour dénouer la grave crise constitutionnelle dans laquelle son pays est plongé.
Sa formation n'a en effet pas réussi à imposer, en avril, le candidat de son choix à la présidence du pays parce que l'armée menaçait de faire tomber le gouvernement si elle sentait que l'héritage laïque de la Turquie était menacé par une trop grande présence de l'AKP au pouvoir. Depuis 1960, l'armée a fait tomber quatre gouvernements.
Les enjeux des partis
Le premier ministre Erdogan a menacé de démissionner s'il n'obtenait pas une majorité suffisante pour gouverner seul, avec un président favorable à ses politiques. Avec un appui que les sondages situent aux environs de 40 %, il devrait obtenir ce qu'il désire.
Plus de un million de Turcs se sont rassemblés à Izmir, au bord de la mer Égée. (archives)
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AFP/HOCINE ZAOURAR
Le système électoral prévoit en effet que tous les partis qui obtiennent moins de 10 % des suffrages ne peuvent siéger au Parlement, ce qui favorise évidemment les formations politiques les plus importantes. Aux élections précédentes, l'AKP n'avait recueilli que 34 % des votes, mais obtenu plus des deux tiers des députés.
Selon toute vraisemblance, l'opposition laïque n'aura pas réussi à profiter de la vague de manifestations monstres qui ont eu lieu en avril dernier contre le gouvernement Erdogan. Principal parti d'opposition qui se réclame de l'héritage d'Atatürc, fondateur de la Turquie laïque, le CHP atteindrait à peine les 20 % et devrait se contenter d'une centaine de sièges sur les 550 en jeu.
Il reste maintenant à savoir si les candidats kurdes, réunis par le gouvernement sous la bannière des indépendants, réussiront à faire un retour au Parlement après en avoir été exclus en 1994. Les Kurdes forment près du quart de la population de la Turquie.
En avril, l'AKP a voulu imposer son candidat à la présidence, le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül. Le président, qui dispose d'un droit de veto sur toutes les lois, est en effet choisi par le Parlement pour un mandat unique de sept ans. Or, l'armée et le président actuel, un fervent défenseur de la laïcité, avaient manifesté leur profond désaccord.