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AFP/DANIEL KFOURI
Le Brésil est toujours sous le choc à la suite de la plus grande catastrophe aérienne de son histoire, qui a fait au moins 200 morts.
L'enquête sur la plus grande catastrophe aérienne du Brésil, qui a fait plus de 200 morts mardi à São Paulo, durera 10 mois et n'exclura aucune hypothèse, dont celle d'une erreur de pilotage.
Il n'y a aucun survivant parmi 186 personnes à bord de l'Airbus A320 de la compagnie TAM qui s'est écrasé mardi soir contre un bâtiment après avoir dérapé sur la piste détrempée de l'aéroport Congonhas de São Paulo.
Les pompiers ont retiré 9 corps du bâtiment de fret percuté et 13 autres d'une station-service située à proximité. On ignore encore combien de personnes se trouvaient à l'intérieur du bâtiment, haut de trois étages, appartenant à une filiale de la compagnie TAM. Les responsables de la compagnie estiment cependant que ce nombre pourrait atteindre 50 à 60 personnes.
Les autorités aéronautiques ont annoncé jeudi que l'enquête durera 10 mois et n'exclura aucune hypothèse. « Nous devons garder l'esprit ouvert pour analyser toutes les hypothèses possibles. Il serait prématuré de se prononcer dès maintenant sur les causes de l'accident », a déclaré lors d'une conférence de presse Jorge Kersul Filho, du Centre d'enquête et de prévention des accidents.
Possible erreur de pilotage
Une viédo montre que l'Airbus A320 roulait presque quatre fois plus vite au moment de l'atterrissage.
Des images diffusées jeudi matin montrent que l'Airbus A320 roulait presque quatre fois plus vite au moment de l'atterrissage qu'un autre Airbus qui s'était posé avant lui.
Le gestionnaire de l'aéroport, Infraero, a diffusé ces images vidéo qui montrent que l'avion de la TAM avait parcouru la piste en 3 secondes, contre 11 secondes pour l'appareil précédent. Cela confirme que l'appareil « allait plus vite, mais il s'agit d'une donnée que nous ne pouvons pas considérer de façon isolée », a précisé Kersul Filho.
Les pistes trop courtes de l'aéroport et l'absence de rainures sur le nouveau tarmac sont aussi montrées du doigt comme les causes possibles de la catastrophe. L'accident s'est produit sur la piste principale de l'aéroport détrempée par les pluies, mais qui avait déjà été rénovée après plusieurs incidents attribués à une accumulation d'eau sur le revêtement.
En outre, la TAM a annoncé jeudi que l'Airbus A320 volait avec l'inverseur de poussée droit débranché. L'inverseur de poussée est un dispositif permettant de freiner l'avion lors de l'atterrissage, en orientant vers l'avant la poussée exercée par un moteur.
La compagnie aérienne assure que ce défaut « ne compromet pas les atterrissages », précisant qu'aucun problème mécanique n'avait été enregistré sur l'appareil le 16 juillet, à la veille de l'accident.
Le Ministère public fédéral du Brésil (organisme de défense des droits des citoyens face aux pouvoirs publics, sans pouvoir de sanction) a réclamé la fermeture de l'aéroport de Congonhas, qui connaît le plus gros trafic aérien d'Amérique latine avec une moyenne de 630 atterrissages et décollages quotidiens.