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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le mardi 17 juillet 2007 à 23 h 05
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Libye

Les Bulgares ont la vie sauve

Le Conseil juridique suprême doit statuer sur les condamnations à mort des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien.

Photo: AFP/MAHMUD TURKIA

Les cinq infirmières et le médecin bulgares pourraient maintenant être extradés en Bulgarie.

Nouveau développement dans l'affaire des cinq infirmières bulgares et du médecin d'origine palestinienne, accusés par les autorités libyennes d'avoir inoculé le virus du sida à quelque 400 enfants à la fin des années 1990.

Le Conseil juridique suprême libyen a décidé, mardi, de commuer la peine de mort prononcée à leur encontre en peine de prison à vie.

La plus haute instance judiciaire du pays n'a cependant pas clarifié le sort immédiat des six condamnés, qui pourraient purger leur peine en Bulgarie en vertu d'un accord bilatéral.

La justice bulgare a aussitôt annoncé son intention de présenter, dès mercredi, une demande d'extradition des six condamnés. Elle a précisé que cette procédure concernait aussi bien les cinq infirmières que le médecin palestinien Achraf Joumaa Hajouj, qui a été naturalisé bulgare en juin.

Le Conseil juridique suprême libyen a pris sa décision après que les familles des enfants libyens contaminés par le virus eurent décidé de renoncer à la peine de mort et d'accepter plus de 480 millions de dollars en compensation.

Le Conseil juridique suprême, dernier espoir des six condamnés pour éviter la mort, attendait apparemment le versement de ces indemnités avant de rendre son jugement.

Jusqu'à présent, près de la moitié des victimes ont été indemnisées et, selon la Fondation Kadhafi, qui gère ce dossier, les versements aux autres familles devraient être complétés sous peu.

L'histoire d'une saga

À deux reprises, les tribunaux ont reconnu les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien coupables d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants, dont 56 sont morts, dans un hôpital de Benghazi à la fin des années 90.

Les condamnés affirment qu'ils sont innocents et sont soutenus par les témoignages d'experts internationaux, dont le codécouvreur du virus du sida Luc Montagnier. Selon les experts et les preuves présentées, le VIH sévissait à l'hôpital de Benghazi avant même l'arrivée des infirmières, en 1998. Les mauvaises conditions d'hygiène de l'hôpital seraient à l'origine de l'épidémie de sida.

La peine capitale avait été prononcée en première instance en 2004, puis confirmée fin 2006. Les accusés sont emprisonnés depuis huit ans.

Cette affaire a suscité une mobilisation internationale, le président américain George W. Bush ayant en personne réclamé la libération des condamnés. Elle avait également fortement tendu les relations de Tripoli avec l'Union européenne.


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