Six soldats canadiens de l'OTAN et leur interprète afghan ont été tués mercredi lorsqu'un engin piégé a explosé au passage de leur véhicule à environ 20 km au sud-ouest de Kandahar, dans la province de Panjwayi, dans le sud de l'Afghanistan.
Les militaires canadiens déployés en Afghanistan s'apprêtent à rendre hommage à leurs six collègues tués mercredi par l'explosion d'une puissante bombe au passage de leur convoi près de Kandahar.
En début de soirée, le ministère de la Défense a dévoilé le nom de quatre d'entre eux. Il s'agit du capitaine Matthew Johnathan Dawe, du caporal Cole Bartsch, du soldat Lane Watkins et du caporal-chef Colin Bason. Les trois premiers faisaient partie du 3e bataillon d'infanterie Princesse Patricia, basé à Edmonton, en Alberta, tandis que le quatrième était membre du régiment Royal Westminster, basé à New Westminster, en Colombie-Britannique.
L'identité des deux autres victimes n'a pas été dévoilée à la demande de leurs familles.
Au moment de l'incident, les six soldats canadiens étaient à bord d'un véhicule de patrouille blindé de type RG-31 sur un chemin pourtant couramment utilisé dans cette région de la province de Kandahar, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la ville du même nom. Ils revenaient d'une mission conjointe avec les forces de sécurité afghanes dans un village.
Les militaires occupaient un véhicule RG-31 comme celui-ci lorsque l'attentat a eu lieu.
Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière contre les forces canadiennes depuis celle qui avait déjà coûté la vie à six militaires le dimanche de Pâques, le 8 avril dernier, dans des circonstances similaires.
Cette tragédie porte à 66 soldats et un diplomate le nombre de Canadiens tués depuis le début de la mission en 2002. La très grande majorité des pertes du côté canadien a été enregistrée au cours des 18 derniers mois.
Les forces canadiennes forment le plus important contingent dans dans la province de Panjwayi, où se trouvent également des soldats britanniques et néerlandais.
L'attentat survient à quelques semaines seulement du déploiement du contingent de soldats de Valcartier. Environ 2000 soldats francophones quitteront leur base de la région de Québec au mois d'août pour aller remplacer les quelque 2000 soldats d'Edmonton.
Selon un récent sondage, 70 % des Québécois sont opposés à l'envoi des soldats du Royal 22e Régiment en Afghanistan.
À Ottawa
Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a offert ses condoléances aux familles et aux proches des victimes dans un communiqué diffusé mercredi soir. « C'est avec un profond chagrin que j'ai pris connaissance du tragique incident qui a coûté la vie à six soldats canadiens. Au nom de toute la population, j'adresse mes plus sincères condoléances aux proches, amis et collègues [des soldats] », a-t-il déclaré.
M. Harper a ensuite tenu à vanter leur travail. « Ces hommes courageux ont sacrifié leur vie pour défendre et protéger les Afghans et leur permettre de refaire la leur. Ces soldats jouaient un rôle crucial en formant et en conseillant leurs camarades afghans. [...] Nous leur serons tous éternellement reconnaissants des sacrifices qu'ils ont consentis au nom du Canada. »
Stéphane Dion
En après-midi, le chef de l'opposition libérale à Ottawa, Stéphane Dion, a lui aussi offert officiellement ses condoléances aux familles des soldats canadiens. « Ensemble nous pleurons la mort de nos courageux soldats et nous exprimons notre soutien et notre gratitude à leurs compagnons d'arme qui continuent de servir en Afghanistan », a-t-il dit.
M. Dion s'est par ailleurs gardé de critiquer l'organisation de la mission canadienne, mais il a répété que son parti était toujours en faveur d'un retrait des troupes en 2009.
De son côté, le chef néo-démocrate, Jack Layton, a réclamé à nouveau le retour du contingent canadien. « Nous croyons que deux ans de plus sont deux ans de trop », a-t-il dit.
Dans un communiqué de presse laconique, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a salué le courage des militaires. « Il est toujours triste de voir un soldat canadien perdre la vie. Lorsque l'existence de plusieurs camarades est interrompue d'un coup, la douleur en est multipliée d'autant. Je salue le courage de ces six militaires », écrit-il.