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Nouvelle du 15 juin

Territoires palestiniens
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Nouvelle du 15 juin
![]() Photo: AFP/Awad Awad Salam Fayyad, le nouveau premier ministre désigné par le président Abbas |
Au lendemain de la prise de contrôle totale de la bande de Gaza par les forces du Hamas, le Fatah du président Mahmoud Abbas s'affaire à consolider son pouvoir en Cisjordanie.
Un gouvernement d'urgence, duquel sera vraisemblablement exclu le Hamas, prêtera serment dimanche en Cisjordanie, en remplacement du gouvernement d'union nationale dissous jeudi soir par le président de l'Autorité palestinienne.
Le premier ministre israélien Ehud Olmert a indiqué samedi que son pays reconnaîtra un gouvernement palestinien ne comptant pas de ministres du Hamas. Ehud Olmert ajoute que le gouvernement mis sur pied par le président Mahmoud Abbas est un partenaire pour la paix.
L'état d'urgence est par ailleurs en vigueur depuis jeudi sur les territoires palestiens, et ce, pour une durée d'un mois, ce qui permettra au nouveau gouvernement d'agir par décret.
Le premier ministre limogé, Ismaïl Haniyeh, a rejeté la nomination à son poste de l'ex-ministre des Finances Salam Fayyad, un indépendant, et soutient que son gouvernement continuera à exercer ses fonctions. Le Hamas, qui s'est emparé jeudi par les armes de la bande de Gaza, accuse le président Abbas de perpétrer un coup d'État.
Dans une entrevue au Figaro publiée samedi, Ismaïl Haniyeh affirme avoir pris le contrôle de la bande de Gaza pour mettre fin au « désordre sécuritaire » qu'il impute au Fatah. Il soutient n'avoir aucune intention de créer un État indépendant. « Non. Gaza appartient à tout le peuple palestinien et pas seulement au Hamas.[...] La séparation n'est pas à l'ordre du jour et ne le sera jamais », assure-t-il.
Le Fatah fait place nette
![]() Photo: AFP/Abbas Momani Miliciens du Fatah, peu après l'assaut contre le parlement |
À Ramallah, en Cisjordanie, plusieurs centaines d'hommes armés du Fatah ont pris d'assaut le parlement palestinien et les ministères contrôlés jusqu'ici par les membres du gouvernement déchu issus du Hamas et procédé à l'expulsion des gens liés au mouvement islamiste.
À Naplouse, d'autres militants du Fatah se sont emparé de l'hôtel de ville contrôlé par le Hamas, et ont placé un drapeau du Fatah sur le toit du bâtiment.
Un des principaux dirigeants des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, un groupe armé issu du Fatah, a appelé les miliciens du Hamas en Cisjordanie à remettre leurs armes à l'Autorité palestinienne et déclaré leur organisation bannie. « Toute activité du Hamas en Cisjordanie est désormais interdite sans une autorisation préalable des autorités compétentes », a déclaré à l'AFP Zakaria Al-Zoubeidi.
Un responsable du Hamas, Sami Abou Zouhri, a menacé le Fatah d'une riposte violente s'il ne cesse pas les mesures de rétorsion contre ses militants. Il estime que 150 de ses partisans auraient été « enlevés » en Cisjordanie depuis 48 heures.
Dans la bande de Gaza, le Hamas a remplacé le directeur de la police, peu après que ce dernier eut enjoint ses hommes à ne pas collaborer avec les islamistes. Le Hamas, qui contrôle tous les bâtiments des services de sécurité, procède à la nomination accélérée de remplaçants aux différents postes de responsables de la sécurité laissés vacants, de facto, par ses anciens titulaires, réfugiés depuis en Cisjordanie.
Ses miliciens procèdent par ailleurs à une vaste opération de perquisition visant à saisir toutes les armes des partisans du Fatah dans la bande de Gaza. À Khan Younès, une fusillade a éclaté lorsque des miliciens ont tenté de s'emparer des armes de membres du clan Al-Astal, opposé au Hamas.
Des centaines de partisans du Fatah ont fui par terre et par mer la bande de Gaza depuis sa conquête par les islamistes.
Abbas obtient du soutien extérieur
![]() Photo: AFP/Abbas Momani Le président Mahmoud Abbas |
Peu après la décision de la Ligue arabe d'appuyer sans réserve le président de l'Autorité palestinienne, ce dernier s'est vu confirmer par le consul général des États-Unis à Ramallah que Washington lèverait son embargo financier, une fois le gouvernement d'urgence assermenté.
Vendredi, Israël s'est dit prêt à reprendre une « coopération totale », y compris financière, si le nouveau gouvernement reconnaît l'État hébreu.
Le Quartet des médiateurs pour le conflit au Proche-Orient (Russie, États-Unis, ONU, Union européenne) a quant à lui jugé légitime la décision du président Abbas de dissoudre le gouvernement d'union nationale.
Le premier ministre israélien Ehoud Olmert rencontrera par ailleurs le président américain George W. Bush mardi prochain et la question palestinienne devrait dominer les échanges. « MM. Bush et Olmert devraient examiner les moyens de soutenir [Mahmoud] Abbas », a déclaré à cet effet la porte-parole du premier ministre.
L'agence de l'ONU pour le secours aux réfugiés palestiniens (UNRWA) appelle à la réouverture des points de passage de la bande de Gaza, fermés depuis jeudi par Israël. « Les frontières doivent être ouvertes. On ne peut pas punir collectivement 1,5 million d'habitants de la bande de Gaza qui vivent déjà dans des conditions misérables », a affirmé à l'AFP le directeur de l'UNRWA dans la bande de Gaza, John Ging, qui rappelle que les habitants ont des stocks limités de nourriture et de médicaments.
Le mouvement islamiste a pris le contrôle de la bande de Gaza dans la nuit de jeudi à vendredi, à l'issue d'une semaine de combats qui ont fait 115 morts et des centaines de blessés.