Victoire américaine sur le climat

Le président américain George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair lors des discussions au Sommet du G8. Le président américain George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair lors des discussions au Sommet du G8.   © AFP/REGIERUNGonline/ BOLESCH

Les dirigeants du G8, réunis dans la station balnéaire allemande de Heiligendamm, ont conclu jeudi un accord sur la lutte contre le changement climatique qui ne mentionne aucun objectif chiffré de réduction d'émissions de gaz à effet de serre.

Les dirigeants du G8 parviennent à un accord qui ne prévoit aucun objectif chiffré de réduction des gaz à effet de serre. Par ailleurs, Stephen Harper et le président russe ont une discussion tendue sur la question des droits de l'homme.

Dans un communiqué publié au terme d'âpres négociations, les dirigeants reconnaissent que « les émissions doivent cesser d'augmenter et ensuite être réduites de façon substantielle », prenant acte des conclusions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). Toutefois, la « réduction substantielle » envisagée n'est pas davantage détaillée.

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé que cet accord est un « grand succès », tentant apparemment de faire oublier le fait qu'en ne mentionnant aucun objectif chiffré, elle concédait la victoire à son vis-à-vis américain George W. Bush.

Avant son arrivée à Heiligendamm, le président américain a répété à plusieurs reprises qu'il n'était pas question pour les États-Unis d'entériner le moindre document qui l'engagerait à respecter des objectifs précis de réduction de GES.

Le président Bush affirme que les États-Unis sont prêts à prendre le rôle de chef de file dans la lutte contre les changements climatiques dans un après-Kyoto, pourvu que la Chine et l'Inde participent à l'effort. Les États-Unis sont le seul pays du G8 à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

Pour l'après-Kyoto, l'Europe - l'Allemagne en tête - proposait plutôt un objectif de réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050 par rapport au niveau de 1990. Le président français Nicolas Sarkozy, qui était à sa première participation au G8, tenait à la date de 2050. « J'aurais préféré que ce soit un objectif impératif, mais regardons d'où nous partons », a-t-il commenté.

De son côté, le premier ministre Stephen Harper a dit croire que l'entente constituait une étape très importante en vue d'une entente internationale plus large sur la réduction des GES. À Ottawa, les trois partis reprochent au premier ministre de s'être rangé du côté des États-Unis en faisant obstacle à la conclusion d'un accord avec des objectifs chiffrés.

En revanche, les pays du G8 - incluant les États-Unis - se sont engagés à poursuivre leurs efforts sous l'égide des Nations unies. Les prochaines négociations internationales sur le climat se tiendront à Bali, en Indonésie, au mois de décembre.

Harper rencontre Poutine

Le premier ministre Stephen Harper a quelque peu indisposé le président russe Vladimir Poutine, lors d'une rencontre bilatérale tenue en marge du sommet, en insistant sur la question des libertés démocratiques en Russie.

Rencontre entre Stephen Harper et Vladimir Poutine au sommet du G8   © PC/Fred Chartrand

M. Harper a dit au président Poutine qu'il avait un devoir démocratique de permettre la contestation dans son pays. « L'appartenance au G8 implique des normes élevées de respect de la démocratie et du comportement démocratique », a déclaré le premier ministre Harper.

Les autorités russes ont souvent réprimé ou empêché des manifestations de l'opposition au cours des dernières années. De plus, la mort suspecte d'opposants comme la journaliste Anna Politkovskaïa et l'ancien agent secret Alexandre Litvinenko ont soulevé des doutes sur la tolérance du Kremlin à l'égard de la dissidence.

D'après un membre de la délégation de M. Harper, le président russe ne semblait pas heureux d'avoir à discuter de cette question. Il a souligné que le Canada avait aussi des taches dans son dossier en matière de démocratie et de respect des droits de l'homme. On n'a cependant pas pu connaître des exemples précis évoqués par Vladimir Poutine.

« Il ne s'agit pas d'être parfait, mais de savoir que la critique peut exister, est tolérée et fait partie du processus politique », a rétorqué Stephen Harper en conférence de presse.

Le président Poutine, qui souhaitait surtout parler de coopération économique, avait tenté de détendre l'atmosphère en début de rencontre. Il a félicité le Canada pour sa victoire au dernier Championnat du monde de hockey masculin. La Russie a pour sa part été éliminée en demi-finale.

L'audace du bouclier

Plus tôt, le président russe avait rencontré son homologue américain George W. Bush, après avoir récemment menacé de pointer des missiles vers l'Europe pour protester contre le projet de bouclier antimissile américain en Europe de l'Est. Le président russe a proposé au président Bush de construire son bouclier antimissile en Azerbaïdjan.

Plus tôt, M. Bush avait déclaré que le projet ne devrait pas donner de « bouffées de chaleur » à Vladimir Poutine, qui s'est ouvertement opposé au projet américain en Europe. George W. Bush précisait que son projet vise à protéger les États-Unis d'attaques venant d'États voyous comme l'Iran.

Lire aussi notre nouvelle sur une proposition russe de règlement de la crise du bouclier antimissile.

Correspondants
à l’étranger

  • Luc Chartrand
    Luc Chartrand

    Vidéo -  Présidentielles en Égypte : les candidats au second tour

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    Audio -  Massacre de Houla : les Occidentaux veulent accentuer la pression sur Damas

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Élections égyptiennes : les inquiétudes des coptes

Tous les correspondants

Facebook