Bien que ce soit le Canada qui ait ratifié le protocole de Kyoto, la position des provinces revêt une importance capitale, puisqu'elles ont l'autorité sur des secteurs reliés à l'énergie. Elles ont donc un impact sur l'émission de gaz à effet de serre.
Les émissions sont fortement basées sur les énergies exploitées: les provinces s'appuyant sur l'hydro-électricité, comme la Colombie-Britannique, le Québec et le Manitoba, par exemple, émettent moins que celles qui produisant davantage de combustibles, comme l'Alberta et la Saskatchewan.
Le Canada se caractérise donc par des disparités régionales importantes. Par exemple, l'Alberta émet cinq fois plus de gaz à effet de serre (GES) par habitant que le Québec. Autre exemple: le niveau de vie dans les provinces de l'Atlantique, qui commencent à peine à exploiter leurs gisements pétroliers et gaziers, est sous la moyenne nationale. Les provinces ont donc des vues très divergentes sur la mise en oeuvre du protocole de Kyoto.
Une étude de l'Institut Pembina d'Ottawa, divulguée à la Conférence de l'ONU sur le climat, soutient que les sables bitumineux de l'Alberta représentent la moitié de l'importante augmentation du volume des gaz à effet de serre (GES) prévue au Canada de 2003 à 2010.
Depuis 1990, les émissions de GES ont augmenté dans toutes les provinces depuis 1990, sauf au Yukon, où elles ont diminué. Selon la Fondation David-Suzuki, elles ont augmenté considérablement au Nouveau-Brunswick, en Alberta, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique, et modérément dans les autres.
Les GES par province
C'est le Yukon qui produit le moins de gaz à effet de serre. Mais lorsqu'on comptabilise les émissions de GES des provinces per capita, c'est-à-dire qu'on calcule le taux d'émissions par habitant, c'est le Québec qui est le grand gagnant.
©
Institut Pembina
Quelles provinces combattent l'effet de serre?
Le fédéral a conclu des ententes avec le Manitoba, l'Ontario, l'Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador, le Nunavut et Québec. Dans ce dernier cas, à l'issue de négociations qui ont traîné en longueur, Ottawa a promis de verser 349,9 millions pour que Québec mette en oeuvre son plan, adopté en juin 2006. Le plan du Québec prévoit la réduction des émissions de GES de 14 Mt d'ici 2012 dans le but de respecter les cibles de Kyoto. Québec s'était pour sa part engagé à fournir 1,2 milliard sur six ans.
Dans une étude intitulée Un bilan disparate, la Fondation David Suzuki souligne que la plupart des provinces ont peu, voire pas de mesures pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), une attitude expliquée par la passivité d'Ottawa.
Le Manitoba, le Québec et l'Île-du-Prince-Édouard ont dévoilé des plans « raisonnablement énergiques et exhaustifs », tandis que ceux de l'Alberta, de la Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador et des Territoires du Nord-Ouest sont jugés peu exigeants. Quant à la Nouvelle-Écosse, elle n'a pas de plan formel, mais a proposé de « timides » mesures volontaires. Le cas de l'Ontario est particulier, puisque la province a mis en oeuvre des mesures passablement énergiques, même en l'absence de plan. Celui-ci sera toutefois rendu public au cours des prochains jours.
Trois provinces n'ont pour leur part ni plan ni mesures: le Nouveau-Brunswick, le Nunavut et la Saskatchewan. Cette dernière dévoilera toutefois son plan au cours de l'été 2007.
Le rapport écorche notamment la Saskatchewan et l'Alberta, parce qu'elles émettent le plus de GES par rapport à leur PIB, et critique leur inaction pour ralentir ces émissions qui croissent de façon incontrôlée. Ces provinces, note aussi l'étude, comptent sur des centrales alimentées au charbon pour la plus grande partie de leur électricité. L'étude précise par ailleurs que le Québec bénéficie déjà du plus faible niveau d'émission de GES par rapport à son PIB.
Le bulletin des provinces
Chaque année, une coalition de groupes environnementaux, dont le Sierra Club, décerne aux gouvernements fédéral et provinciaux un bulletin des actions sur les changements climatiques. Selon sa dernière évaluation, datant de juin 2006, le Québec obtient la meilleure note.