Le Canada

En vertu du protocole de Kyoto, le Canada doit, d'ici 2012, réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6 % par rapport à ses émissions de 1990. Or, le bilan canadien est peu reluisant et ses émissions de GES ont au contraire augmenté considérablement, autant sous le gouvernement conservateur actuel de Stephen Harper que sous ceux de ses prédécesseurs libéraux.

Selon le bilan 2007 de l'organisation écologiste WWF, le Canada obtient la pire note des pays du G8, aux côtés de la Russie et des États-Unis.

Selon Environnement Canada, cette augmentation des GES est principalement attribuable à la croissance dans trois secteurs-clés: la production thermique d'électricité, les transports et la production de gaz et de pétrole.

Émissions de GES au Canada Les émissions de GES au Canada par secteur (2002)   © Environnement Canada

C'est le secteur des transports qui contribue toujours le plus aux émissions de GES. Même si le Canada atteint les cibles prévues par son plus récent plan vert, il n'aura pas encore réalisé ses objectifs de la première phase de Kyoto (qui prend fin en 2012) lorsque se terminera la deuxième phase du protocole, en 2020.

On prévoit que les GES devraient augmenter de 1,5 % par an entre 2004 et 2010 et de 0,8 % par la suite d'ici 2020. Selon les projections d'Environnement Canada, les émissions devraient ainsi atteindre 828 Mt* en 2010 et 897 Mt en 2020.

Les faits
  • À l'échelle mondiale, le Canada est le deuxième producteur de CO2 par habitant, derrière les États-Unis, selon le rapport d'Environnement Canada publié en 2006. Devant, donc, les six autres pays du G8 à trois pays émergents considérés comme de grands pollueurs - Chine, Inde et Brésil.
  • Il est aussi au premier rang pour la production de CO2 par dollar du PIB.
  • Même si les quelque 31 millions de Canadiens ne représentaient qu'environ 0,5 % de la population mondiale en 2002, ils produisaient tout de même 2,4 % des émissions mondiales de GES, un chiffre dont la tendance est à la hausse au fil des ans.
  • De 1990 à 2005, les émissions de GES au Canada ont augmenté de 25,3 %, passant de 596 Mt en 2002 à 747 Mt en 2005.
  • Ces émissions dépassent donc de 32,7 % l'objectif du Canada fixé dans le protocole de Kyoto;
  • Les émissions sont demeurées stables par rapport au niveau de 2004 et elles n'ont augmenté que de 0,3 % par rapport à 2003.

Source: le dernier inventaire annuel dévoilé par Environnement Canada à la CCNUCC, en mai 2007
pollution Usine de sables bitumineux en Alberta

Ce qui explique en partie ces chiffres, c'est que le Canada est un important exportateur de pétrole, de gaz naturel et de charbon: il exporte la moitié des combustibles qu'il produit. Le ministère explique en partie ces hausses par certains facteurs qui conditionnent la consommation d'énergie au pays:

- Un immense territoire: la grande superficie du territoire canadien implique de longues distances à parcourir. Cela peut servir à expliquer le fait que, au Canada, le secteur des transports produit à lui seul un tiers des émissions de dioxyde de carbone et d'oxyde nitreux.

- Un climat rigoureux: la rigueur des hivers canadiens implique qu'on doive chauffer les bâtiments une bonne partie de l'année. De plus, les courtes journées d'hiver nous obligent à consommer davantage d'électricité, notamment pour nous éclairer.

- L'infrastructure économique: une grande partie des émissions de gaz à effet de serre du Canada sont d'origine industrielle. Le Canada est le premier producteur par tête de nickel, de cuivre, de potasse, de gypse, d'uranium, de zinc, de bois industriel, de bois de sciage et de papier journal. Il est au second rang mondial pour l'aluminium, le plomb, le blé et l'avoine.

L'impact de l'effet de serre

Les Canadiens peuvent déjà ressentir les effets des changements climatiques, tels que:

  • l'accroissement du nombre et de l'intensité des vagues de chaleur et des problèmes de santé connexes;
  • la baisse des niveaux d'eau dans les Grands Lacs;
  • des changements dans la migration des poissons et de la fonte de la calotte polaire;
  • des infestations d'insectes dans les forêts de la Colombie-Britannique;
  • des étés plus chauds et des niveaux plus élevés de smog dans les grands centres urbains;
  • des événements météorologiques extrêmes plus nombreux, tels que les sécheresses dans les Prairies, les tempêtes de verglas dans l'Est du Canada ou les inondations au Manitoba et au Québec.

* Toutes les cibles de réduction équivalant aux émissions totales de GES sont exprimées en « unités d'équivalent CO2 ». Comme les gaz à effet de serre n'ont pas le même potentiel d'augmentation de l'effet de serre, ils sont ramenés à une mesure étalon, le CO2.

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