Lors du sommet de la Terre, tenu à Rio en 1992, 188 pays ont signé la Convention-Cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), qui reconnaissait l'importance de l'environnement et de la biodiversité. De ce nombre, 155 pays ont adopté le protocole de Kyoto qui en découle.
Parmi les signataires, les États se divisent en trois grandes catégories. D'abord, les 34 pays industrialisés qui ont ratifié l'accord de Kyoto. Parmi eux, le Canada, le Japon, les pays de l'Union européenne et la Russie. Ils se sont conjointement engagés à réduire d'ici 2012 leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % par rapport à leurs niveaux de 1990. Les objectifs varient toutefois selon les pays. Même parmi les signataires, plusieurs auront du mal à atteindre leurs objectifs pour 2012.
Puis, il y a 107 pays en développement, dont la Chine, l'Inde, le Brésil, la Corée du Sud, l'Indonésie et l'Afrique du Sud, qui, même s'ils ont ratifié le protocole, sont présentement exemptés d'objectifs. Ils sont pour leur part conviés à contrôler leurs émissions de gaz à effet de serre et à établir des inventaires. La Chine et l'Inde, qui devraient dépasser sous peu les États-Unis en terme de poids économique mondial, de même que le Brésil, refusent toujours d'envisager un ralentissement volontaire de leur économie afin de préserver l'environnement.
Enfin, il y a les pays qui ont signé le protocole, mais qui ont ensuite refusé de le ratifier, États-Unis en tête, pourtant responsables du quart des émissions actuelles de GES, ou encore l'Australie.
Les pays industrialisés
Angela Merkel et George Bush au premier jour du Sommet du G8
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L'Union européenne (UE) exerce un certain leadership dans le groupe des pays industrialisés, même si une poignée de pays ont atteint leurs objectifs individuels. Elle s'était engagée globalement à réduire de 8 % ses émissions de GES par rapport au niveau de à 1990. Or, en 2007, les 27 pays de l'UE se sont même engagés à réduire unilatéralement de 20 % leurs émissions de GES d'ci 2020. Ils iront jusqu'à 30 % si des pays comme la Chine et les États-Unis adoptent eux aussi des objectifs contraignants.
L'Union européenne est également à l'avant-garde pour la mise au point de mécanismes d'échange de droits d'émissions de GES. Le 1er janvier 2005, elle lançait le premier marché international de droits d'émissions. On a assigné à chacune des 12 000 sources principales des objectifs de réduction des GES. Celles qui dépasseront leurs objectifs de réduction pourront vendre, sur un marché boursier, des droits d'émission à celles qui n'ont pas réussi à atteindre leurs objectifs. Les retardataires auront le choix entre acheter les crédits des entreprises ayant dépassé leurs objectifs ou payer une amende.
Si on se regarde spécifiquement la performance des membres du G8 dans leur lutte contre l'effet de serre, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne font meilleure figure que leurs partenaires, selon un rapport du WWF, mais ils devront prendre de nouvelles mesures. Les États-Unis ferment la marche, suivis de près par le Canada et la Russie. L'Italie et le Japon se classent dans le peloton du milieu.
Le cas américain
Sous la présidence de Bill Clinton, les États-Unis se sont engagés à signer le protocole de Kyoto. Cependant, le Sénat y était opposé, car il voulait avoir l'assurance, avant de ratifier le protocole, que les engagements de réduction pouvaient être tenus en recourant sans limitation au mécanisme du marché. De plus, le Sénat exigeait que les grands pays en développement, comme l'Inde et la Chine, s'engagent eux aussi à limiter leurs émissions polluantes.
L'élection de George W. Bush à la Maison-Blanche au début de l'année 2001 fait basculer le processus. Le 29 mars 2001, le nouveau président américain annonce que les États-Unis ne ratifieront pas le protocole de Kyoto parce qu'il ne va pas dans le sens de leurs intérêts économiques. Le président républicain préfère travailler avec ses alliés à un plan qui exigerait des pays en développement qu'ils se conforment eux aussi à certaines normes environnementales.
Les Américains appliquent le raisonnement suivant: même s'ils sont les plus grands producteurs d'émissions de gaz à effet de serre du monde, ils font davantage preuve d'efficacité énergétique que les autres. Un Américain est en effet beaucoup moins polluant que son homologue chinois quand on raisonne en tonnes de CO2 par unité de produit national brut (PNB). Les États-Unis font valoir que c'est l'inefficacité énergétique de certains pays qui met en péril l'atmosphère de la Terre, et non leur propre mode de vie.
Le 15 février 2002, George Bush annonce finalement un plan moins contraignant que le protocole de Kyoto pour réduire les gaz à effet de serre. Ce plan a pour objectif de réduire les émissions de GES de 18 % en dix ans. En vertu de ce concept, les États-Unis devraient faire passer leurs GES de 183 à 151 tonnes d'ici 2010.
Le plan Bush est doté d'un budget de 4,6 milliards de dollars, dont 920 millions sont consacrés au développement des énergies alternatives. Il demeure un programme volontaire: les entreprises inscrivent leurs réductions dans un registre national afin qu'elles leur soient reconnues sous la forme de crédits d'émissions.
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Mais le nouvel indice d'intensité des GES mis de l'avant par les États-Unis est fortement contesté. Selon les différents calculs disponibles, ce mode de calcul masquerait en réalité une augmentation de 14 % à 25 % de leurs émissions.
En juin 2007, le président américain convie 15 des pays les plus pollueurs à une rencontre afin d'élaborer des objectifs de réduction de gaz à effet de serre d'ici la fin de 2008. Entre autres pays invités figurent la Chine, l'Inde et les principaux pays européens.
Cela dit, plusieurs États américains, dont le New Hampshire, le Massachusetts et la Californie, ont élaboré leur propre plan d'action pour lutter contre le réchauffement climatique. Cent trente-deux villes, regroupées au sein de la Conférence des maires, se sont engagées à réduire de 7 % leurs émissions de GES par rapport au niveau de 1990.
La Chine
La Chine est le deuxième producteur de GES au monde, derrière les États-Unis. En juin 2007, Pékin a dévoilé son premier plan de lutte contre les changements climatiques. Le développement économique est plus important que la lutte contre le réchauffement climatique: voilà l'essentiel du message contenu dans le bref document, qui ne contient aucune nouvelle mesure.
Le rapport indique que les autorités chinoises vont tenter de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en développant davantage de projets hydroélectriques. Ces projets devraient ainsi permettre à la Chine, largement dépendante du charbon, de réduire ses émissions de CO2 d'environ 50 millions de tonnes d'ici 2010.