L'humanité doit agir rapidement, estime le GIEC. Ce groupe d'experts affirme que nous disposons désormais de 15 ans pour stabiliser nos émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Il est vrai que les industries contribuent au réchauffement climatique par les grandes quantités de GES qu'elles émettent. Vrai aussi que plusieurs pays ne font pas de la lutte contre cette menace une priorité. Mais les États et les industries ne sont pas les seuls à pouvoir exercer un impact sur le réchauffement climatique, les individus aussi. Au Canada, par exemple, les citoyens sont responsables du quart des émissions de GES.
En moyenne, chaque Canadien émet cinq tonnes de CO2 annuellement.
Le document onusien révèle que d'importantes réductions d'émissions polluantes peuvent être obtenues grâce à:
Même de petits gestes, comme l'utilisation d'ampoules électriques plus efficace, peuvent faire la différence, soutiennent-ils.
Entrevue avec Hugo Séguin, d'Équiterre
Comment faire notre protocole de Kyoto à nous? Hugo Séguin, qui pilote le dossier des changements climatiques pour l'organisme Équiterre nous donne la marche à suivre.
Hugo Séguin se souvient d'une entrevue accordée en compagnie de Steven Guilbault, de Greenpeace. « Si je comprends bien, concluait l'intervieweur, la Terre est entre de bonnes mains: Greenpeace et Équiterre s'en occupent! On s'est regardés, Steven Guilbault et moi, et on s'est dit: si la Terre ne repose que sur les épaules d'organisations environnementales, elle est mal partie! »
Chacun peut agir, plaide-t-il. Selon lui, nous devons être des « consommacteurs » et nous souvenir que nous avons des droits comme citoyens.
Réduire l'utilisation de l'automobile:
Une solution qui n'étonne pas, puisque le pétrole est en tête de liste pour les émissions de GES. « On parle de 38 % à 40 % des émissions totales du Québec », essentiellement le transport routier. À nous de choisir entre la « méthode extrême » - renoncer à sa voiture - et le « cocktail transport », alliant vélo, marche, transport en commun et même automobile.
La première solution est « possible pour des centaines de milliers de Québécois et de Québécoises qui habitent dans les centres-villes ou dans les grands centres urbains et qui peuvent avoir une alternative à leur propre voiture », à Montréal, par exemple. « Laisser sa voiture au garage une fois par semaine réduira vos émissions de gaz à effet de serre d'une demi-tonne », évalue Hugo Séguin. L'autre, c'est essentiellement de se poser la question: « Quel est le meilleur moyen de transport pour moi pour chacun de mes déplacements? »
Réduire la consommation de chauffage et d'éclairage:
Hugo Séguin rappelle que des dizaines de milliers de maisons au Québec continuent d'être chauffées au mazout ou au gaz naturel, une situation à modifier dans la mesure du possible. À l'approche de l'hiver, rappelle-t-il en outre, la meilleure chose à faire consiste à bien isoler nos maisons. Il propose aussi des « petits trucs », comme utiliser un thermostat électronique, diminuer la température de deux ou trois degrés lorsqu'on quitte notre domicile, ne pas chauffer des logements inhabités et ne pas utiliser inutilement l'éclairage.
Boycotter les entreprises émettrices de GES:
« Comme consommateur porteur de valeurs, il faut s'informer sur ce que l'on consomme, suggère-t-il, et quand on trouve des choses qui ne font pas notre affaire, notre seul pouvoir comme consommateur est de les boycotter ». Il montre du doigt la pétrolière Esso (Exxon Mobile aux États-Unis). « C'est probablement une « « caricature de la pire entreprise possible ». Elle « finance grandement les opposants à tout ce qui peut être positif dans la lutte contre les changements climatiques. Sur une note plus positive, enchaîne-t-il, il faut « encourager les produits et les commerces en accord avec nos valeurs et avec les valeurs propres au développement durable » (agriculture biologique, commerce équitable, par exemple).
S'exprimer auprès des élus:
Nous avons des droits comme citoyens, s'exclame-t-il. « C'est un bout qu'on oublie souvent! » Vivre en démocratie nous donne le droit de « faire valoir nos positions et nos points de vue ». Il incite les gens à faire la promotion de leurs valeurs auprès des politiciens. « On invite les gens à interroger leurs élus, à les appeler, à leur envoyer des courriels, des lettres, à se faire valoir en conseil municipal ». La liste n'est pas exhaustive! souligne-t-il.
Soutenir les ONG:
Un autre moyen d'exercer un impact concret sur la planète consiste à soutenir les organismes sociaux ou environnementaux qui défendent des causes qui nous tiennent à coeur... et à en devenir membres afin de leur donner les ressources nécessaires pour faire avancer les choses. « On veut bien faire notre part, Équiterre, Greenpeace et tous les autres groupes environnementaux », mais notre force provient de celle que les citoyens nous donnent, croit Hugo Séguin.
Se mobiliser:
Marche mondiale des femmes en 2000, Sommet des peuples de 2001 à Québec, grande marche contre la centrale thermique du Suroît, manifestations contre la guerre en Irak, mobilisation des étudiants québécois contre les compressions de l'aide financière: Hugo Séguin note une recrudescence des démonstrations pacifiques et populaires. « C'est une façon très citoyenne de se manifester. Et, dans chacun de ces cas-là, ça a donné des résultats! » se réjouit-il.