La manifestation de Manisa
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AFP/Sezayi Erken
À la veille d'un nouveau tour de scrutin au Parlement pour désigner le chef de l'État, les manifestations pour la laïcité en Turquie se sont poursuivies dans plusieurs villes du pays.
À la veille d'un nouveau tour de scrutin au Parlement pour désigner le chef de l'État, 80 000 partisans de la laïcité manifestent pour dénoncer le gouvernement Erdogan et son candidat Abdullah Gül.
À Manisa, quelque 80 000 manifestants ont dénoncé le Parti de la Justice et du Développement (AKP) du premier ministre Recep Tayyip Ergogan et ses agissements jugés anti-laïques, en scandant des slogans comme « la Turquie est laïque et le restera ».
Arborant des drapeaux de Mustafa Kemal, dit « Atatürk », qui laïcisa l'État turc après la Première Guerre mondiale, les protestataires exprimaient ainsi leur opposition au candidat de l'AFK, le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül. M. Gül a passé près d'être élu président du pays le 27 avril dernier.
En choisissant Manisa, les organisateurs du rassemblement avaient comme objectif de s'en prendre au président du Parlement, Bülent Arinç. Ce député de la région, une figure influente de l'AKP, avait provoqué une controverse en déclarant que le prochain président turc serait un « croyant ».
Un gouvernement contesté
Depuis son arrivée au pouvoir, en 2002, le gouvernement Erdogan est soupçonné de vouloir islamiser la Turquie.
Un nouveau tour de vote est prévu dimanche au Parlement, mais M. Gül n'a aucune chance d'être élu. L'opposition a déjà annoncé qu'elle boycotterait à nouveau le scrutin, et l'AKP ne détient pas les deux tiers des sièges requis pour faire élire son candidat.
Conscient que son candidat a peu de chances d'être élu par les députés, l'AKP a déposé vendredi au Parlement une réforme constitutionnelle prévoyant l'élection du chef de l'État au suffrage universel, pour un mandat de cinq ans renouvelable, au lieu de l'actuel mandat unique de sept ans.
En vue des législatives, le Parti de la juste voie (DYP) et le Parti de la mère patrie (ANAP) ont fusionné et se présenteront aux élections sous la bannière du Parti démocrate (DP). Ces deux formations n'avaient pas réussi lors des législatives de 2002 à franchir le seuil des 10 % des suffrages requis pour envoyer des représentants au Parlement.
Une nouvelle manifestation est prévue, le 13 mai, à Izmir, sur la mer Égée.